Etat, école, sport: un rapport parlementaire français s’alarme de la « radicalisation islamiste »

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Interdire des prédicateurs et discours séparatistes, mieux surveiller certaines écoles et associations, sensibiliser les élus et éducateurs: un rapport du Sénat en France publié jeudi propose une quarantaine de mesures pour juguler une « radicalisation islamiste » qu’il juge de plus en plus menaçante.

« La radicalisation islamiste » est « une réalité » aujourd’hui dans un nombre croissant de quartiers en France, souligne ce texte, fruit de près de 70 entretiens menés par des sénateurs auprès de chercheurs, militants associatifs, acteurs institutionnels et responsables politiques dans le cadre d’une commission d’enquête créée en novembre 2019 à l’initiative du groupe Les Républicains (droite).

Les « tenants de l’islamisme tentent aujourd’hui de prendre le contrôle de l’islam en France » pour « instaurer le +califat+, c’est-à-dire le règne de Dieu sur terre », et nourrissent dans certaines villes un « séparatisme » dangereux, souligne le rapport, sans toutefois détailler ou quantifier ces agissements.

Ce mouvement « intransigeant » inspiré de l’islam des origines « vient remettre en cause les valeurs de la République (liberté de conscience, égalité hommes-femmes, mixité notamment), est-il écrit dans ce rapport transmis à l’AFP.

Selon la rapporteuse du texte, la Sénatrice (LR) du Val-d’Oise, Jacqueline Eustache-Brinio, « il faut agir vite » car « aujourd’hui en France, à part l’ouest, toutes les régions sont touchées ». « Sinon, prédit-elle, dans quelques années, des quartiers, des pans entiers de territoires vont sortir de la République ».

 

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En février dernier, le président Emmanuel Macron avait lui aussi mis en garde contre le « séparatisme islamiste », et annoncé des mesures contre les « influences étrangères » sur l’islam en France, (financement des mosquées, imams).

Parmi les groupes ciblés par le rapport figurent les jihadistes, principaux acteurs de la vague d’attentats qui a fait plus de 250 morts en France depuis 2015.

Mais la commission s’alarme également des mouvements musulmans rigoristes qui se disent non violents, notamment les salafistes (près de 40.000 estimés en France) ou les Frères musulmans (50.000), en précisant qu’ils n’ont pas souhaité témoigner devant elle pour répondre à ces accusations.

L’interdiction de territoire aux idéologues cadres des Frères musulmans est l’une des 44 mesures préconisées par le rapport pour lutter contre la radicalisation islamiste au sein de l’Etat, des associations, des écoles et dans le sport.

La commission plaide également pour un renforcement du maillage étatique pour mieux détecter les comportements ou discours « déviants ».

Elle réclame de rendre plus facile la fermeture des lieux ou associations diffusant des discours discriminatoires, haineux ou violents. Ainsi que le non renouvellement des conventions signées avec des pays étrangers pour la formation des imams destinés à prêcher en France.

Elle souhaite notamment des contrôles accrus sur les écoles hors contrat et sur le nombre « grandissant » d’élèves scolarisés à domicile.