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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    L’individu avait appâté les agents américains en proposant des informations compromettantes sur Donald Trump et des «outils» de piratage informatique volés à la NSA. Il en demandait un million de dollars.

    Il avait fait miroiter la récupération d’«outils» de piratage informatique volés à la NSA et des informations compromettantes sur Donald Trump. La CIA américaine a été délestée de 100.000 dollars par un individu de nationalité russe, a relaté vendredi le New York Times .
    Digne d’un roman de John Le Carré, l’article met en scène des agents de la CIA tentant durant une bonne partie de l’année dernière de récupérer auprès de leur «contact» russe des programmes d’intrusion informatique volés à la NSA, l’agence de sécurité nationale américaine. Le Russe n’est pas identifié mais il aurait des liens avec le monde de la cybercriminalité et les renseignements russes. Selon le journal, il s’est vu signifier de quitter l’Europe de l’Ouest et de plus y remettre les pieds.
    Le «vendeur» avait appâté les agents américains en mettant en ligne une offre de vente de ces «outils» via un réseau opaque appelé les «Shadow Brokers». Certains de ces programmes de piratage, mis au point par la NSA, ont été utilisés l’an dernier par d’autres hackers, notamment lors de la cyberattaque mondiale de mai 2017, grâce à un virus dont le code d’exploitation avait été volé au préalable à la NSA. Le «vendeur» russe, auquel les agents de la CIA étaient parvenus via une chaîne d’intermédiaires, en demandait un million de dollars. Les 100.000 dollars, en «cash», dans une valise remise dans une chambre d’hôtel de Berlin, n’étaient qu’un acompte. Il s’est avéré que la première livraison du Russe était des «outils» déjà connus et divulgués par les Shadow Brokers.
    De douteux «kompromats»
    Le Russe avait aussi assuré à plusieurs reprises disposer de documents compromettants, des «kompromats» dans la tradition russe, concernant Donald Trump, rapporte encore le New York Times, citant des sources du renseignement américain et européen. Ces documents incluaient des dossiers financiers douteux et une vidéo à caractère sexuel, dont les agents de la CIA n’étaient pas preneurs, soucieux de se tenir à l’écart des affaires politiques internes, selon le journal. L’histoire s’est terminée le mois dernier, quand il est apparu que le Russe n’a pu fournir aucun des logiciels de la NSA encore tenus secrets et que ses «kompromats» sur Donald Trump étaient soit déjà connus, soit douteux.
    D’après The Intercept, un magazine en ligne sur les questions de sécurité, l’opération a suscité des dissensions au sein de la CIA, dirigée par Mike Pompeo, un proche de Donald Trump, mais dont nombre de responsables sont outrés par les attaques répétées du président contre la communauté du renseignement dans l’enquête sur une éventuelle ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle.

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