« Le syndrome de La Havane », l’arme secrète qu’aurait utilisée la Russie

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Le syndrome de La Havane lié au renseignement russe, selon une enquête
Une voiture passe devant l'ambassade américaine à La Havane, le 18 mars 2024. YAMIL LAGE / AFP

Le mystérieux syndrome de La Havane, subi depuis plusieurs années par des dizaines de diplomates américains, est en lien avec une unité du renseignement russe, selon une enquête internationale de plusieurs médias publiée lundi.

A partir de 2016, des diplomates américains et canadiens en poste à Cuba ont dit être frappés de troubles, nommément migraines, vertiges, nausées, troubles de la vision…

Ces « incidents anormaux de santé », selon la terminologie employée aux Etats-Unis, ont ensuite été signalés ailleurs dans le monde (Chine, Allemagne, Australie, Russie, Autriche) et même à Washington.

L’affaire avait entraîné dès le début de vastes spéculations sur son origine. Certains responsables américains ont minimisé au départ les symptômes parfois attribués au stress, d’autres évoquant en privé de possibles attaques et soupçonnant déjà des pays comme la Russie.

Le renseignement américain avait lui estimé en mars 2023 « très improbable » qu’une puissance étrangère ou une arme soit à l’origine des troubles mystérieux.

Mais selon une enquête publiée par le journal russe indépendant The Insider, le magazine allemand Der Spiegel, et la chaîne américaine CBS, ces diplomates ont pu être la cible d’une arme sonique de la Russie.

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L’enquête, qui a duré plus d’un an, dit avoir « découvert des éléments suggérant que ces incidents anormaux de santé (…) pourraient provenir de l’utilisation d’armes à énergie dirigée, maniées par des membres de l’unité 29155 » du GRU, le service de renseignement militaire russe.

L’unité 29155 est chargée des opérations à l’étranger et s’est déjà retrouvée au centre de plusieurs affaires, accusée notamment de la tentative d’empoisonnement de l’ancien espion russe Sergueï Skripal au Royaume-Uni en 2018.

« Leur champ d’action est mondial pour la conduite d’opérations létales et d’actes de sabotage », a déclaré à The Insider un ancien haut responsable de la CIA, agence américaine de renseignement.

Moscou a rejeté lundi cette enquête comme « sans fondement ».

« Ce sujet a été gonflé dans la presse depuis plusieurs années déjà. Et depuis le début, c’est souvent associé à la Russie », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors d’une conférence de presse.

« Mais personne n’a jamais publié de preuve convaincante, donc tout cela n’est rien d’autre qu’une accusation sans fondement », a-t-il déclaré.

L’enquête des trois médias avance que les premiers cas de syndrome de La Havane se seraient produits en Allemagne deux ans avant ceux rapportés à Cuba en 2016. A Francfort, un employé au consulat des Etats-Unis aurait ainsi perdu connaissance en raison de ce qui s’assimilerait à un « fort rayon d’énergie ».

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