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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    « Une personne sur trois » est en situation d’insécurité alimentaire en Afghanistan, en raison des effets combinés de la guerre dans le pays et des conséquences du réchauffement climatique, selon la représentante du Programme alimentaire mondial (PAM) en Afghanistan, Mary-Ellen McGroarty.

    Lors d’un entretien à l’AFP par téléphone depuis Kaboul, la responsable a expliqué vouloir rester dans le pays et maintenir autant que possible l’action du PAM envers les populations les plus fragilisées par l’insurrection victorieuse des talibans et les déplacements de population qu’elle a provoqués.

    Au-delà du conflit, la population afghane était déjà aux prises avec une grave crise alimentaire et 2021 était déjà partie pour être « une année extrêmement difficile » sur ce plan, souligne-t-elle.

    Outre les conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, « le pays est aux prises avec un second épisode de sécheresse sévère en trois ans. Les gens ont à peine récupéré de la sécheresse 2017/2018 », dit-elle.

    « Il y a eu une réduction de 40% de la récolte de blé, résultat d’un hiver parmi les plus secs depuis 30 ans. Nous avons eu très peu de neige à Kaboul cette année », donc très peu d’apport d’eau au moment de la fonte, indique Mme McGroarty, qui évoque également un « impact dévastateur pour le bétail ».

     

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    Une situation logiquement aggravée par le conflit qui touche le pays, avec des « fermiers incapables de récolter » (…) qui ont « fui leur maison », « des vergers détruits », alors que le pays peut s’enorgueillir en temps normal de « très beaux fruits secs et charnus », notamment des grenadiers réputés.

    La destruction d’infrastructures comme les ponts, les barrages, les routes, a également compromis l’accès à la nourriture, observe la responsable du programme des Nations unies.

     

    – Agir avant l’hiver –

     

    L’impact combiné du conflit et de la sécheresse a donc entraîné une inflation des prix des denrées de base: le blé est d’ores et déjà 24% plus cher actuellement que sur la moyenne des cinq dernières années.

    « La situation est désastreuse. Les dernières analyses indiquent que 14 millions de personnes sont déjà confrontées à un risque de faim sévère ou aigüe, c’est une personne sur trois. Et deux millions d’enfants sont confrontés à un risque de malnutrition », s’alarme Mme McGroarty.

    A la tête d’une équipe de 480 personnes, dont 440 Afghans, elle entend poursuivre son travail, indiquant que le PAM opère dans les zones contrôlées par les talibans depuis de nombreuses années.

     

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    « Le PAM, les Nations Unies et le système humanitaire sont déterminés à rester et à fournir la réponse humanitaire tant nécessaire », déclare-t-elle, indiquant que le PAM entendait venir en aide à 9 millions d’Afghans d’ici la fin de l’année. L’organisation a évalué pour cela avoir un besoin urgent de 200 millions de dollars.

    Une aide d’autant plus cruciale que la situation pourrait se dégrader dans les mois à venir: « Nous avons des hivers rigoureux en Afghanistan. Lorsque la neige vient, de nombreuses communautés, dans de nombreuses zones, se retrouvent isolées. Nous devons donc acheminer des stocks de nourriture dans ces zones avant l’arrivée de l’hiver ».

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