Des soeurs saoudiennes bloquées à Hong Kong autorisées à prolonger leur séjour

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Deux soeurs saoudiennes bloquées à Hong Kong après avoir fui leur famille ont été autorisées à rester dans l’ex-colonie britannique jusqu’à fin avril, un répit provisoire leur permettant de continuer à chercher refuge dans un pays tiers, a annoncé leur défense jeudi.

Cette affaire survient peu après la fuite d’une autre Saoudienne, Rahaf Mohammed al-Qunun, qui a obtenu l’asile au Canada après avoir été arrêtée début janvier à l’aéroport de Bangkok.

Les soeurs, âgées de 18 et 20 ans, déclarent avoir fui le comportement abusif des hommes de leur famille à l’occasion de vacances au Sri Lanka en septembre, dans l’intention d’aller en Australie.

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Mais elles n’ont réussi qu’à se rendre dans l’ancienne colonie britannique revenue en 1997 dans le giron chinois. Les jeunes femmes, qui se font appeler par les pseudonymes Reem et Rawan, affirment avoir été interceptées à l’aéroport de Hong Kong par des représentants du consulat d’Arabie saoudite qui ont annulé leurs billets d’avion et confisqué leur passeport.

Elles sont donc selon leurs dires apatrides, et sont bloquées dans le territoire du sud de la Chine, où elle sont arrivées avec un visa de visiteur.

Leur avocat Michael Vidler avait fait savoir que leur séjour aurait dû se terminer le dernier jour de février.

A l’approche de cette date-limite, elles ont demandé aux autorités de prolonger leur séjour afin de tenter de trouver un pays d’accueil.

Dans un communiqué, le cabinet Vidler a expliqué jeudi que les services de l’immigration avaient accepté « de tolérer » leur présence jusqu’au 8 avril, ajoutant cependant qu’elles étaient « passibles de poursuites et d’expulsion pour prolongation illégale de séjour ».

Les soeurs ont fait savoir par le cabinet d’avocats qu’elles vivaient « dans la peur permanente d’être retrouvées par les autorités saoudiennes et (leur) famille et contraintes de rentrer en Arabie saoudite ». « Nous avons l’impression d’être des petits poissons pris au piège dans une petite oasis qui s’assèche rapidement », ont-elles expliqué.

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Elles disent avoir changé plusieurs fois de lieu d’habitation à Hong Kong de crainte d’être enlevées.

Elles racontent avoir été frappées par leur père puis leurs frères et risquer peine de mort pour apostasie après avoir renoncé à l’islam.

Leurs récits n’ont pu être vérifiés de manière indépendante. Les autorités saoudiennes n’ont pas commenté leurs accusations.