Arabie saoudite: forte baisse des exécutions de condamnés à mort

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Les exécutions de condamnés à mort ont connu en 2020 une forte baisse en Arabie saoudite, a indiqué lundi un organisme officiel, au moment où le royaume cherche à améliorer son image en matière de droits humains.

Cette monarchie absolue a longtemps fait l’objet de critiques pour le nombre d’exécutions annuelles, parmi le plus élevé au monde, et pour son système judiciaire opaque.

La Commission saoudienne des droits de l’Homme a déclaré avoir recensé 27 exécutions en 2020, soit une baisse de 85% par rapport à l’année précédente, en partie grâce à un moratoire sur les peines de mort pour les crimes liés à la drogue.

« La Commission salue cette nouvelle comme un signe que le royaume et son système judiciaire se concentrent davantage sur la réhabilitation et la prévention que sur la punition », a déclaré le président de cet organisme, Awwad Alawwad, dans un communiqué.

L’Arabie saoudite avait exécuté 184 personnes en 2019, selon Amnesty International, un record annuel.

 

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L’ONG Reprieve a fait état lundi de 25 exécutions en 2020, disant que c’était le chiffre le plus bas depuis qu’elle a commencé à surveiller les mises à mort en 2013, mais a averti que le nombre pourrait augmenter cette année.

« La baisse peut être partiellement attribuée au Covid-19 » qui a ralenti les exécutions, a relevé Reprieve dans un communiqué.

Selon l’ONG, les exécutions ont repris toutefois à un rythme accéléré au dernier trimestre de 2020 et « environ un tiers de toutes les exécutions de l’année dernière ont eu lieu au cours du seul mois de décembre ».

Outre le moratoire sur les exécutions des condamnés pour les affaires de drogues, la Commission des droits de l’Homme de l’ONU a indiqué en avril dernier que le royaume avait mis fin à la peine de mort pour les personnes condamnées pour des crimes commis alors qu’elles avaient moins de 18 ans.

Ces changements soulignent la volonté du prince héritier Mohammed ben Salmane, de moderniser le royaume ultraconservateur.

Les militants restent toutefois sceptiques quant à la possibilité d’une libération de plusieurs prisonniers politiques ou la fin de la répression de toute dissidence.