Vidéo. Politique migratoire, pacte de Marrakech, déplacements «forcés»… Gadem dit tout

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Les 10 et 11 décembre, les représentants de plus de 150 pays se réunissent pour approuver le pacte mondial sur les migrations. Il y a quelques jours nous avons rencontré le groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM) pour aborder ce sujet et d’autres que l’association défend.
Quand elle a été créée en 2006, l’association à but non lucratif avait pour premier objectif de défendre les migrants en situation vulnérable, surtout après les tirs des autorités espagnoles et marocaines contre des migrants qui voulaient traverser le passage à Ceuta. Aujourd’hui, GADEM compte 6 membres et est aidée par plusieurs bénévoles qui œuvrent pour l’accompagnement de migrants et personnes étrangères au Maroc. En 2018, 66 personnes ont d’ailleurs bénéficié de l’accompagnement juridique de l’association.
Parmi les sujets qui occupent le plus le Gadem aujourd’hui sont les « dépassements » dont sont victimes les migrants subsahariens. Gadem a d’ailleurs publié deux rapports “Coûts et blessures” et “Expulsions gratuites” ces deux derniers mois qui dénonçaient les expulsions abusives et les conditions de détention des migrants subsahariens dans la région de Tanger.
« Les déplacements forcés n’ont pas lieu d’être, il n’y a aucune loi qui prévoit ça. Il y a également eu la détention d’une centaine de migrants dans la région de Tanger, sans être présenté au procureur du roi sans jugement. Certains ont été renvoyés chez eux, tandis que d’autres ont été libérés puis déplacés encore une fois », nous explique Bilal Jouhari, responsable de la communication de Gadem.

Et d’ajouter « Les autorités n’ont pas partagé de communiqué officiel, mais on avait remarqué qu’après la publication des rapports plusieurs personnes ont été relâchées ».
Concernant le pacte mondial sur les migrations, le Gadem a décidé de soutenir les conférences de Marrakech, même si l’association relève quelques manquements au pacte.
« Conscient des menaces xénophobes et nationalistes qui pèsent sur ces événements, le GADEM a choisi de soutenir les conférences de Marrakech… Les pays qui se sont retirés du pacte mondial, ont par ailleurs des partis de droite très influents qui sont plus dans une logique de souveraineté du pays », explique Jouhari.
« C’est vrai que l’on peut reprocher au pacte certains manquements par rapport aux droits des personnes, mais pour nous le pacte représente ce qu’on peut avoir de mieux. Le fait qu’il soit organisé au Maroc gratifie le travail de longue haleine du pays et le met au centre des débats diplomatiques sur les migrations et l’asile », poursuit-il.