Sahara: Brahim Ghali hors « de danger », voie ouverte pour son audition par la justice espagnole

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Ibrahim Ghali, chef du Front Polisario. ©DR
Rien ne s’oppose donc à sa convocation par la justice espagnole qui attendait une amélioration de son état de santé pour l’auditionner pour son implication dans des affaires de crimes de guerre, torture et viol. 

Brahim Ghali, hospitalisé en Espagne après avoir contracté le coronavirus, est « en convalescence » et « loin de tout danger », a indiqué dimanche à l’AFP un responsable du Front Polisario.

« Les médecins confirment qu’il a dépassé l’état critique et qu’il est loin de tout danger », a déclaré ce haut responsable ayant requis l’anonymat, ajoutant qu’il « récupérait bien et que son état évoluait positivement ».

Si l’état de santé de Brahim Ghali s’améliore comme annoncé, plus rien ne s’opposera donc à son audition par la justice espagnole qui l’a cité à comparaître dans une affaire de crimes de guerre, de torture et de viol. La justice espagnole a même rouvert cette semaine un dossier contre lui pour «crimes contre l’humanité» après une ancienne plainte déposée par l’Association sahraouie pour la Défense des Droits de l’Homme, l’accusant de «violations des droits humains» sur des dissidents des camps de Tindouf.

Le chef du polisario ne devrait pas quitter le territoire espagnol sans avoir répondu à la justice comme l’a confirmé ce dimanche la ministre des Affaires étrangères espagnole. Dans une déclaration à la Radio nationale espagnole, Arancha Gonzalez Laya a affirmé que Brahim Ghali devra répondre à la justice lorsqu’il se sera remis de ses problèmes de santé.

« Nous avons promis de donner à cette personne une réponse humanitaire. Cette personne était dans une situation critique pour ses multiples problèmes de santé dont un cas grave de COVID-19 », a-t-elle déclaré. Et de préciser: «Quand il aura récupéré, il retournera chez lui. Pendant ce temps, il fait face à une série de plaintes et nous espérons qu’il s’acquittera de ses obligations envers la justice espagnole».

Si le système judiciaire espagnol accepte d’aller jusqu’au bout des procédures, Brahim Ghali aura donc du souci à se faire, surtout que le Maroc surveille de près ce dossier et ne laissera rien passer.

Vendredi, des sources du ministère espagnol des Affaires étrangères ont indiqué à l’agence Europa Press que M. Ghali n’était pas arrivé en Espagne avec un faux passeport et affirmé qu’il s’était déplacé avec son passeport qui remplit « les exigences ordinaires ». Hier, le Maroc a répliqué en demandant une enquête « transparente » sur l’entrée « frauduleuse » de M. Ghali en Espagne.

Fouad Yazourh, haut responsable du ministère des Affaires étrangères, avait affirmé samedi lors d’un point de presse à Rabat que le chef du mouvement séparatiste sahraoui soutenu par Alger a voyagé «avec des documents falsifiés et une identité usurpée» et que le Maroc demande une enquête transparente de la part de l’Espagne sur cette entrée frauduleuse sur son territoire.

De son côté, Karima Benyaich, ambassadeure du Royaume à Madrid, a averti vendredi dernier que le recours au procédé pour l’exfiltration de Brahim Ghali de la même manière avec laquelle il est entré en Espagne est un choix pour le statu quo et l’aggravation de la crise entre Rabat et Madrid. A bon entendeur…