Plus de la moitié des Marocains ne sont pas prêts pour un deuxième confinement (sondage)

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Selon un sondage réalisé par l’Institut marocain d’analyse des politiques (MIPA), 53% des citoyens ne seraient pas préparés pour un retour au confinement, même en cas de détérioration de la situation épidémiologique au Maroc.

Plus de la moitié des Marocains (53%) ne sont pas préparés pour un deuxième confinement sanitaire, révèle une étude du MIPA intitulée « Marocains et quarantaine: satisfaction générale et optimisme prudent » et fondée sur des données datant de juillet dernier.

Les trois mois passés en quarantaine ont eu des effets psychologiques négatifs sur les Marocains, affirme l’enquête qui dévoile ainsi que plus de la moitié des interrogés (53%) ont déclaré qu’ils n’étaient pas préparés pour une deuxième période de quarantaine. Et si le virus se propage davantage, seuls 46% environ des participants soutiennent cette mesure.

Dans le même temps, les deux tiers des sondés ne croient pas que le reste des citoyens adhérera aux normes de sécurité et de prévention pour vivre avec le coronavirus pendant une période plus longue, tandis que seulement 33% disent y croire relativement, et seulement 2% sont fermement convaincus que les mesures seront respectées par les citoyens.

Malgré cela, il apparaît que le niveau d’engagement des citoyens envers ces précautions n’a pas beaucoup changé entre mars et juillet, souligne l’étude réalisée par deux chercheurs, Dr. Mohamed Mesbah et Dr. Rachid Aouraz. En mars, 97% des personnes interrogées ont déclaré s’être engagées à se laver les mains plusieurs fois par jour, 82% ont déclaré qu’elles évitaient de sortir sauf en cas de nécessité, et seulement 12% ont confirmé qu’elles portaient un masque.

 

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En juillet, également 97% déclaraient s’engager à se laver les mains plusieurs fois par jour (72% en continu et 24% parfois), tandis que 5% des répondants y renonçaient définitivement. Quant à la sortie du domicile excepté en cas de nécessité, 81% des participants s’y sont toujours engagés (47% en continu et 34 parfois), tandis que 21% ont déclaré ne pas y adhérer après la levée de la quarantaine, lit-on dans cette étude.

Concernant le respect du port du masque, 71% des répondants ont déclaré s’y conformer constamment, tandis que 6% ont déclaré ne pas y adhérer, 21% parfois. 53% ont déclaré utiliser des gels hydroalcooliques en continu et 15% ont déclaré ne pas y adhérer, contre 32% seulement occasionnellement. Côté distanciation physique, 59% des sondés ont déclaré qu’ils y adhéraient toujours de manière continue, tandis que 31% seulement parfois, et 10% jamais.

61% des citoyens font confiance au gouvernement pour gérer le virus

La confiance des citoyens dans la capacité du gouvernement à faire face à divers défis est un élément important du succès des autorités dans la gestion des crises, expliquent les deux chercheurs. Plus le citoyen perçoit la volonté du gouvernement et sa capacité à relever les défis, plus il est disposé à faire preuve de coopération et de respect des mesures préventives.

Dans ce contexte, il y a une certaine stabilité dans le niveau de confiance en la capacité du gouvernement à faire face au virus, le ratio n’ayant pas beaucoup changé entre mars et juillet. En mars, 58% des Marocains ont déclaré faire confiance à la capacité du gouvernement à faire face au coronavirus émergent (dont 15% font totalement confiance), contre 42% ne font pas confiance (dont 9% déclarent plus radicalement ne pas avoir confiance en sa capacité à faire face au covid-19).

En juillet, 61% des Marocains ont déclaré qu’ils faisaient confiance à la capacité du gouvernement de faire face au coronavirus émergent à l’avenir (dont 14% font entièrement confiance), contre 39% déclarant ne pas faire confiance à la capacité du gouvernement à relever ce défi (dont 9% pas du tout confiance).

L’étude s’est basée sur un échantillon de 1.100 sondés via un formulaire en ligne pendant la période du 8 au 23 juillet derniers. Elle inclut environ 50% d’hommes et 50% de femmes, tous âgés de 18 ans ou plus. La technique des quotas (sexe, âge et zone géographique) a été adoptée pour assurer l’équilibre de l’échantillon.