La gauche pleure le décès d’Abderrahman Youssoufi, le dernier « sage » du pays

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Crédit: AFP.

Le leader historique de l’USFP, Abderrahmane Youssoufi est décédé ce matin des suites d’une longue maladie. Contactées par H24Info, plusieurs personnalités politique de gauche ont tenu à rendre un dernier hommage à celui qui comptait parmi les derniers « sages » du pays. 

De gauche à droite, Abdelouahed Radi, Mehdi Mezouari, Moulay Ismail Alaoui et Mustapha Bouaziz. DR

Abdelouahed Radi, député USFP et plusieurs fois ministres: « C’est une grande perte pour le Maroc, pour la gauche marocaine et pour tous les démocrates. C’était l’un des derniers géants de la politique marocaine au XIX et XXe siècles. C’est un homme qui a eu une vie bien remplie et extraordinaire. Il a apporté et donné beaucoup à ce pays, aussi bien avant qu’après l’Indépendance et dans l’opposition comme au gouvernement. Il aura certainement une place de choix dans l’histoire de ce pays. »

Moulay Ismail Alaoui (PPS): « C’est un peu difficile d’exprimer tout ce qu’on peut ressentir devant le décès d’une personnalité de la taille de Ssi Abderrahman. Pour moi, Ssi Abderrahman représentait quelque chose dont on rêvait tous, c’est-à-dire un enclenchement pour le changement. J’ai eu l’honneur de travailler sous sa responsabilité en tant que ministre pendant quatre ans et je suis sûr que vous me comprendrez si je n’arrive pas à traduire mon émotion devant sa perte. Une perte énorme pour le pays, la nation, le mouvement de progrès dans ce pays, et j’espère que son exemple perdurera au-delà de sa mort pour qu’enfin nous puissions, même si les circonstances que nous traversons sont douloureuses, traduire véritablement ces espoirs dans les faits. »

Mehdi Mezouari (USFP): « C’est un hommage que tout le Maroc doit lui faire, c’était un grand homme et un grand monsieur. Il restera une figure qui a marqué l’histoire contemporaine de notre pays depuis l’Indépendance jusqu’à nos jours, et il marquera aussi nos esprits à nous socialistes par sa modestie, sa façon de gérer depuis la période pendant laquelle il était dans le parti en tant que premier secrétaire. C’est une personnalité aussi qui a marqué les Marocains dans le gouvernement d’alternance. Pour résumer, c’est une grande perte pour notre pays et tous les socialistes. Nous, la nouvelle et l’ancienne génération, nous sommes tous fiers d’avoir un leader comme Ssi Abderrahman. »

Mustapha Bouaziz (PSU): « C’est le représentant d’une génération dont il ne reste plus beaucoup d’hommes. Il faisait partie de ceux qu’on appelle « les Sages », aux côtés par exemple de Boucetta, de Ssi Mohamed Bensaïd qui est le dernier en vie. Ssi Abderrahman était un nationaliste, un patriote de la première heure, un résistant. Sa mort est une perte pour le Maroc, surtout en cette période difficile, qui l’était déjà avant la crise du coronavirus. Le Maroc avait besoin et a toujours besoin d’hommes de cette trempe pour pouvoir assurer une bonne transition vers un pays un peu plus démocratique, où la citoyenneté a un sens. On est dans une conjoncture où l’histoire s’accélère et le pays a besoin de s’insérer positivement dans le nouveau monde qui est en train de naître dans la douleur. On a besoin au Maroc d’un nouveau consensus national, d’un nouveau contrat social et cela nécessite des sages de cette trempe-là. C’est une perte pour le Maroc mais le Maroc doit continuer à se battre pour rester fidèle à l’esprit libérateur que cette génération avait insufflé et porté. Au Maroc, on est encore dans l’antichambre de la modernité et on doit créer notre propre modernité. »

Sur les réseaux sociaux, les réactions aussi ont fusé:

Hanane Rihhab, député USFP:

القائد الوطني الغيور سي عبد الرحمن اليوسفي في ذمة المولى عز وجلفارقنا هذا الصباح الاستاذ والقائد الكاتب الاول السابق…

Posted by Hanane Rihhab on Friday, 29 May 2020

Jamal Rhmani, ancien ministre socialiste:

السي عبدالرحمن يوسفي في دمة الله، لترقد روحك بسلام، رحمة الله عليك ايها الكبير، وعزاؤنا واحد…

Posted by Jamal Rhmani on Friday, 29 May 2020

 

Mounir Bensalah, secrétaire général du CNDH, ex-militant USFP:

Amina Bouayach, présidente du CNDH et ex-militante USFP: