Interview. Heetch, l’application qui veut réconcilier les VTC et les taxis à Casablanca

Lancé au Maroc depuis le 17 novembre dernier, Heetch est la première plateforme de VTC qui emploie exclusivement les chauffeurs de taxi. Son administrateur au Maroc, Patrick Pedersen, s’est confié à H24Info.

H24Info: Pourquoi s’installer au Maroc et particulièrement à Casablanca?

Patrick Pedersen: Lorsque Heetch s’installe dans un pays, il cherche des villes avec un fort volume de passagers potentiels et où les solutions de transports sont compliquées, et particulièrement la nuit. D’où le choix de Casablanca, qui dispose d’une grande population et d’une forte demande tant de la part des passagers que des chauffeurs. Mais nous projetons d’étendre notre offre dans d’autres villes du royaume comme Marrakech ou Rabat.

Qu’est-ce qui différencie Heetch des autres plateformes de VTC ?

Tout d’abord, les chauffeurs de Heetch sont tous des taxis, et sont donc contraints aux règlements et lois les concernant, tandis que les chauffeurs des autres plateformes VTC ont une licence. De plus, Heetch apporte une réelle plus-value, car il met à la disposition de l’usager des services à bord, installés par les équipes de la plateforme, comme un chargeur de téléphone multi-embout ou une prise jack pour mettre sa propre musique.

Comment fonctionne le service Heetch?

Lorsque l’usager accède à l’application Heetch, téléchargeable sur iPhone et Android, il lui suffit de renseigner vous  destination ainsi que d’autres données. Après quoi, il est mis en contact avec un taxi « Fiddek », c’est-à-dire un taxi remplissant les conditions exigées par Heetch. Le tarif reste celui de la course avec une majoration de 10 dirhams.

Qu’est-ce que «Fiddek»?

C’est une sorte de label octroyée aux conducteurs de taxis, rouges ou blancs, remplissant des conditions comme le respect des règles de base de savoir-vivre et inhérentes à la profession. Le véhicule doit, en outre, être propre et le plus récent possible. «Fiddek» n’est délivré que par Heetch et son partenaire le Syndicat National des Taxis Marocains de l’UMT.

Comment l’obtient-on?

L’équipe Heetch rencontre d’abord tous les chauffeurs de taxi. Ensuite, elle les forme, installe les accessoires dans la voiture et qui valide les chauffeurs dans le système informatique. Si une voiture ne remplit pas les conditions, elle ne peut prétendre au label «Fiddek» et se voit refuser l’accès à la plateforme Heetch.

Comment s’est déroulé le partenariat avec le Syndicat National des Taxis Marocains de l’UMT?

Nous avons eu en face de nous un syndicat conscient du retard qu’il a pris face aux applications concurrentes. Le SNMT a eu l’intelligence de comprendre ses carences technologiques, d’autant que la qualité de service des taxis actuels ne leur permettait pas de se battre à armes égales avec leurs concurrents.

Nous nous sommes trouvés face à des personnes avec une vraie réflexion. C’est le même genre de discussion que nous avons essayé d’avoir en France il y a 3 ou 4 ans, mais cela n’a absolument pas fonctionné parce que les taxis français ne se sont pas remis en question.

C’est donc le premier accord entre une plateforme et un syndicat de taxis au Maroc, une première qui devrait faire cesser les violences entre les VTC et les taxis dans la capitale économique. De plus, cela pourrait encourager les taxis à faire plus attention aux usagers, à leurs voitures et ainsi devenir un réel service semi-public efficient.