France: l’humoriste Abdelfattah Jouadi condamné à de la prison avec sursis

L’humoriste marocain Abdelfattah Jouadi a été condamné vendredi par le tribunal correctionnel de Grenoble à six mois de prison avec sursis pour des violences conjugales et menaces de mort envers sa femme.

Son arrestation le 12 septembre dernier alors qu’il « rendait visite à ses enfants » au domicile de leur mère à Echirolles, commune voisine de Grenoble, avait fait couler beaucoup d’encre dans les médias marocains qui avaient évoqué, à tort, des soupçons de viol.

Il avait été placé sous contrôle judiciaire et était allé habiter chez un ami en Haute-Savoie, à une centaine de kilomètres de son épouse et leurs deux enfants.

C’est donc libre qu’Abdelfattah Jouadi, 39 ans, comédien de notoriété intermédiaire révélé au Maroc par une émission de télévision, a comparu devant le tribunal pour répondre de « menaces de mort réitérées sur conjoint » et « violences habituelles » commises de mai à septembre 2019.

 

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Son épouse, dont il était séparé depuis fin juillet et qui est hébergée près de Grenoble par une association dans le cadre d’une mesure d’urgence, était absente à l’audience et n’était pas représentée.

Abdelfattah Jouadi a été reconnu coupable de l’ensemble des faits reprochés et condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve de deux ans, avec l’interdiction de prendre contact avec la victime et l’obligation de suivre des soins psychologiques.

Alors qu’il avait nié les faits lors de sa garde à vue et dit que sa femme s’était cognée la tête contre les murs intentionnellement, le prévenu a fait profil bas durant toute l’audience et a « demandé pardon ».

 

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Il a expliqué son comportement violent – sans toutefois reconnaître tous les faits, parlant aussi de « bagarres » – par des problèmes psychologiques dus à sa dégringolade sociale depuis qu’il a quitté le Maroc et « tout perdu ».

Arrivé en France en juillet 2018 et se disant menacé dans son pays, il a déposé une demande d’asile, rejetée et qui fait l’objet d’un recours.

Le tribunal a rappelé que sa femme avait produit de nombreux certificats médicaux prouvant des coups aux bras et au thorax, ainsi qu’une plaie au crâne nécessitant une suture.

Elle avait expliqué aux policiers n’avoir jamais porté plainte en raison de pressions de l’entourage, qui l’assurait qu’elle perdrait ses enfants et serait renvoyée au Maroc. Elle parlait aussi de « problèmes de comportements datant d’une dizaine d’années » – donc aussi au Maroc -, des affirmations corroborées par la fille du couple.