Frontières maritimes: la main tendue de Bourita à l’Espagne

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Photo by FADEL SENNA / AFP)

L’annonce a été faite lors de la cérémonie de clôture de la troisième édition du Forum Maroc-États insulaires du Pacifique, tenue à Laâyoune le 28 février. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a annoncé que des négociations seront bientôt engagées avec le gouvernement de Pedro Sanchez

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita a expliqué dans un premier temps qu’en délimitant ses espaces maritimes, «le Maroc a exercé un droit souverain garanti par les conventions internationales et notamment par la Convention du droit de la mer. C’est un droit que les pays souverains exercent en toute liberté et sans recourir à aucune forme d’autorisation ou de consultation préalable», rapporte le quotidien espagnol El Dia.

 

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«Dans le monde entier, cela est arrangé par le biais de négociations, pour lesquelles le Maroc et l’Espagne sont totalement ouverts» a-t-il enchaîne, annonçant qu’une plateforme de dialogue sera prochainement créée et dont les membres n’ont toujours pas été nommés, précise le quotidien.

Pour rappel, annoncés en grande pompe par la diplomatie marocaine, les deux projets de loi relatifs à l’élargissement des frontières maritimes du Maroc ont provoqué de fortes tensions entre Rabat et Madrid. En effet, le pays ibérique a exigé un accord bilatéral sur la question.

 

Échec d’une commission précédente

 

Les  points de discordes ne sont pas liés au projet en lui-même mais plutôt à la méthodologie empruntée, nous expliquait Miloud Loukili, professeur universitaire et spécialiste du droit de la mer.

«L’Espagne souhaite absolument que la délimitation se fasse conformément à un principe unique, qui est la ligne médiane, tandis que le Maroc dénonce tout recours automatique à ce principe, car le Maroc considère que le droit international notamment, les arrêts de la Cour International de justice de la Haye et le droit international tel qu’il est codifié par la convention de Montego Bay, permettent une délimitation conformément à l’équité», précise notre interlocuteur.

 

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Cette volonté marocaine a été abordée à maintes reprises avec le voisin espagnol, elle avait même donné naissance à une commission conjointe en 2002. Cette dernière avait pour mission de déblayer le terrain pour avoir une meilleure visibilité par rapport à cette délimitation, «plus particulièrement au niveau des provinces du sud, mais malheureusement cette commission a sombré dans les abysses et n’a pas connu une suite heureuse», poursuit Miloud Loukili qui est aussi co-président du Conseil scientifique du Forum de la mer.

 

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Plus récemment, les îles Canaries, premières à s’insurger contre  la décision marocaine, ont voté une motion «rejetant totalement» le projet de loi marocain. Avec cette motion il a été convenu de solliciter le Conseil de sécurité de l’Union Européenne et la Commission Européenne afin qu’ils exigent du Maroc le respect du droit international.