Distribution des masques: les pharmaciens adressent un courrier au chef du gouvernement

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Dans le but de remédier au chaos régnant dans les pharmacies d’officine du royaume à cause de la commercialisation des masques, la Chambre syndicale des pharmaciens d’officine de Fès (CSPOF) a adressé le 8 avril dernier un courrier au chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani. 

L’annonce du port du masque obligatoire depuis mardi 7 avril a suscité beaucoup de remous entre consommateurs et distributeurs, en particulier les pharmaciens. En effet, les masques subventionnés vendus à 80 centimes l’unité ne concernent pas les pharmacies. Ce dernier élément a créé la confusion chez les consommateurs qui s’en sont pris – parfois violemment – aux pharmacies qui, à juste titre, ne respectaient pas ce tarif (sans pour autant faire de marge).

La Chambre syndicale des pharmaciens d’officine de Fès (CSPOF), affiliée à la Confédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc (CNSPM), a donc adressé un courrier le 8 avril dernier au chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, afin de remédier à cette situation.

« Aujourd’hui, le citoyen lit dans les médias que les bavettes sont disponibles sur le marché alors qu’en pharmacies d’officine, nous n’en avons pas du tout. Le citoyen réagit très mal à cette pénurie et c’est le pharmacien d’officine qui se retrouve face à lui pour récolter des insultes ou des comportements violents », raconte Mohamed Lahbabi, président de la CNSPM.

« Il fallait éclaircir sur le fait que le circuit pharmaceutique est exclu du circuit des bavettes du moment qu’aucun fournisseur ou usine ne veut livrer les pharmacies d’officine, ces dernières ayant même renoncé à leur marge sur ces produits pour satisfaire les besoins de la patientèle », précise notre interlocuteur qui ne sait pas pourquoi les fournisseurs adoptent une telle position.

 

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Les pharmaciens d’officine appellent donc le gouvernement à apaiser la situation et mettre de l’ordre dans le circuit de distribution de ce produit indispensable à l’heure actuelle. « Le problème doit se régler au niveau du gouvernement et pas des officines », insiste Lahbabi, soulignant qu’en l’absence d’un circuit clair de distribution de ces bavettes, le marché noir continue de proliférer.

« Vendredi dernier, j’ai moi-même, en tant que président de la CNSPM, organisé une opération coup de filet et démantelé un réseau de trafic de bavettes falsifiées. J’ai fait comme si je leur commandais 100 boîtes et au moment de la livraison, les policiers les ont pris d’assaut. Ces acteurs informels essayent de les introduire au niveau des officines de manière illégale. Heureusement, les pharmacies ont refusé car ils ne donnent pas de facture », témoigne le professionnel.

Au nom des pharmaciens d’officine, Mohamed Lahbabi souhaiterait que le gouvernement « règle ce problème une bonne fois pour toutes ». « Soit il dit clairement que les officines n’en disposent pas pour nous épargner les problèmes, soit il leur met à disposition ces bavettes pour les redistribuer, ne serait-ce qu’au prix de revient, car nous ne pensons pas à faire de la marge. Nous sommes face à une crise, nous devons répondre aux besoins de la population, c’est tout ce qui importe ».