Démocratie: le Maroc recule, mais demeure un «régime hybride»

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FADEL SENNA / AFP

Le classement des démocraties dans le monde au titre de l’année 2020 est marqué par le recul des libertés démocratiques et individuelles dans près de 70% des pays du monde, notamment au Maroc.

«La démocratie dans le monde a poursuivi son recul en 2020 (…) et l’année 2021 n’est pas très prometteuse», estime The Economist Intelligence dans son index 2020 de démocratie dans le monde.

Le coup dur aux démocraties a été porté par la pandémie du Covid-19, ayant poussé plusieurs pays à instaurer plusieurs restrictions. De ce fait, plusieurs pays ont perdu des points. Plus exactement 70% pays dans le monde ont connu un recul des libertés démocratiques et individuelles. C’est notamment le cas de la France et du Portugal qui sont passé d’une «démocratie totale», à une «démocratie imparfaite».

L’index classe ainsi les «démocraties totales », où l’on retrouve 23 pays pour la plupart Scandinaves, d’Amérique du nord ou d’Europe, suivie des démocraties dites «imparfaites», avec les États-Unis notamment, vient par la suite les «régimes hybrides», où l’on retrouve le Maroc, puis finalement les «régimes autoritaires», où l’on retrouve l’Algérie, le Mali ou encore la Chine.

Crédits: The Economist Intelligence Unit’s Democracy Index

Le Maroc est classé encore cette année à la 96e place du classement comprenant 167 pays. Le royaume est considéré comme étant un «régime hybride», qui d’après la définition de The Economist, est un pays où de «sérieuse faiblesses sont plus fréquentes que dans les «démocraties imparfaites, à savoir dans le domaine politique, le fonctionnement du gouvernement et dans la participation politique».

Le Maroc troisième au niveau régional

De plus, «les élections présentent des irrégularités substantielles qui les empêchent souvent d’être à la fois libres et justes», couplé au fait que «la pression du gouvernement sur les partis d’opposition et les candidats peut être courante». Aussi, «la corruption a tendance à être généralisée et l’état de droit est faible», tout comme «la société civile faible» elle aussi, indique The Economist, soulignant qu’en règle générale, «il y a harcèlement et pression sur les journalistes, et la justice n’est pas indépendante».

Crédits: The Economist Intelligence Unit’s Democracy Index

Le royaume se classe toutefois à la troisième place au niveau de la région MENA, où seul Israël et la Tunisie se classent comme étant des «démocraties imparfaites». Hormis le Maroc, tous les autres pays compris dans cette région sont considérés comme étant des «régimes autoritaires». Le cas relevé par The Economist est le recul de l’Algérie (115e place), qui après «une brève mise à niveau vers le statut de «régime hybride» en 2019, dégringole dans la catégorie «régime autoritaire» en 2020».

Au niveau régional, «l’impact néfaste du Covid-19 sur les perspectives économiques et les libertés personnelles a eu pour effet limiter l’opposition ouverte aux autorités en 2020», note The économiste, voyant cependant, «qu’il y aura tôt ou tard une éruption d’instabilité à une échelle peut être plus grande qu’en 2019, étant donné que les populations sont réticentes et que les tensions économiques ont augmenté».