Coronavirus: un cas confirmé en Algérie « ne change rien » pour le Maroc (ministère)

Le Maroc s’avère encerclé par des pays présentant des personnes infectées par le nouveau coronavirus, au Nord avec l’Italie, la France et l’Espagne; à l’ouest avec les Îles Canaries et désormais à l’Est avec l’Algérie. Cette proximité géographique du coronavirus témoigne-t-elle d’un risque accentué pour le Maroc? Selon le ministère de la Santé, la distance géographique n’a aucune influence. 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a annoncé hier, lundi 25 février, l’accélération de la propagation du coronavirus (COVID-2019) en Italie, en Corée du Sud et en Iran, évoquant une « nouvelle pandémie ». Le même jour, un cas confirmé de personne contaminée de nationalité italienne a été signalé en Algérie. Le pays devient ainsi le deuxième en Afrique à enregistrer une personne infectée après l’Egypte.

Selon la revue médicale britannique The Lancet, le Maroc présente un « risque d’importation modéré » similaire au Soudan, l’Angola, la Tanzanie, le Ghana et le Kenya. Mohamed Lyoubi, directeur de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé, parle quant à lui de « risque d’importation élevé ».

 

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« Nous avons nos propres critères d’évaluation, basés sur ceux de l’OMS en vigueur jusqu’aujourd’hui », explique-t-il, contacté par H24Info. « Le risque d’importation est élevé car il est possible qu’une personne en période d’incubation passe les contrôles de surveillance, la période d’incubation pouvant s’étendre de 24h à 14 jours. Mais c’est le cas dans le monde entier, pas qu’au Maroc », souligne t-il.

Pas de mesures supplémentaires

Le nouveau cas de contamination déclaré en Algérie ne nécessite pas de mesures supplémentaires, poursuit le directeur. « Le Maroc est un Etat membre de l’OMS et tient toujours à honorer ses engagements vis-à-vis du Règlement sanitaire international (RSI) qui n’a entrepris aucune restriction de voyage ou de circulation de marchandise avec les pays infectés », argument Mohamed Lyoubi. « Les pays doivent se conformer aux restrictions de l’OMS qui n’a actuellement pas jugé nécessaire de prendre des mesures supplémentaires ».

« Nous avons confiance en nos critères de jugements qui sont standardisés », rassure le directeur de l’épidémiologie, mentionnant le système national de veille et de surveillance épidémiologique qui consiste à contrôler les gens en provenance des zones où le virus est très répandu à savoir la Chine, l’Italie et la Corée du Sud.

Si la Royal Air Maroc (RAM) a suspendu ses vols avec la Chine, les voyageurs présentant les nationalités des pays infectés peuvent voyager au Maroc sans contrainte. « Ce n’est pas parce qu’il y a 17 cas confirmés en France que l’on va commencer à contrôler tous les voyageurs en provenance de France », prend en exemple Mohamed Lyoubi.

 

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Ainsi, le fait que le virus se trouve désormais chez un pays frontalier « ne change absolument rien ». « La distance géographique n’influence en aucun cas l’importation du virus puisque c’est l’individu infecté qui le transmet. Qu’il soit en Algérie, au Brésil ou en Chine, cela ne change absolument rien ».

Le ministère augmente son stock de masques

Interrogé au sujet de la rareté des masques dans les pharmacies, Mohamed Lyoubi assure qu’il n’y a « pour le moment aucun indicateur de demande excessive par rapport à cet équipement, que ce soit au niveau des structures publiques ou privées ». Par ailleurs, « le stock actuel de masques au niveau des dispositifs mis en place par le ministère ne nous pose pas de problèmes », a-t-il ajouté.

Dans le cas d’une éventuelle transmission communautaire, le Maroc dispose d’assez de protections, notamment de masque pour les personnels de santé, rassure le directeur de l’épidémiologie. « On a même commencé à augmenter notre stock afin d’anticiper toute phase éventuelle de transmission communautaire qui nécessiterait un besoin important de masques ».