Abdeslam Laaziz (FGD): «Le manque de réseautage des partis politiques affaiblit la position du Maroc»

Le coordinateur de la fédération de la gauche démocratique (FGD), Abdeslam Laaziz revient avec nous sur la «Déclaration de Laâyoune», ses enjeux et la façon de renforcer le front interne pour faire face aux provocations du Polisario.
H24Info: Comment se sont organisés les partis politiques pour rédiger et se mettre d’accord sur la Déclaration de Laâyoune ?
Abdeslam Laaziz: Nous avons prononcé un discours en tant que fédération de la gauche démocratique (FGD) lors de ce déplacement à Laâyoune. Nous nous sommes mis d’accord sur les grandes lignes entre les différentes composantes de la FGD puis nous avons rédigé une allocution. Au moment de signer la Déclaration de Laâyoune, nous nous sommes concertés avec les instances de la FGD et nous avons décidé, par consensus, de signer cet appel en tant que fédération composée de trois partis. La concertation s’est faite en interne de la FGD, mais pas avec les autres partis politiques. Il n’y a eu aucune coordination auparavant avec les autres partis politiques ni les autorités, ce qui est regrettable et qu’il ne faut plus reproduire. Je pense que d’autres partis ont collaboré pour la rédaction de cette déclaration mais ce n’est pas notre cas. On regrette l’absence de coordination, mais malgré cela nous avons signé cette déclaration à l’instar de toutes les composantes de la scène politique marocaine car elle concerne la cause nationale. Quand il s’agit du Sahara, toutes les divergences politiques et idéologiques sont reléguées au second plan. On peut être dans l’opposition, manifester, critiquer le système politique actuel mais sur la question du Sahara, on sera les premiers à appeler au consensus nationale car c’est l’affaire de tous les Marocains.
Pour obtenir ce consensus national et le pérenniser, que propose la FGD ?
Nous pensons que ce qui ce passe au Sahara et dans la zone tampon est une occasion pour opter pour une ouverture politique, la libération des détenus politiques au Rif et à Jerada. Il faut qu’il y ait aussi un dialogue national, voire des assises qui traiteront des grandes questions qui se posent au Maroc et à la société marocaine de l’économie à la politique en passant par les problèmes sociaux. Je pense que cela est une nécessité et il faut y faire adhérer tous les acteurs de la société marocaine afin de consolider le front interne. La marocanité du Sahara a toujours été un élément fédérateur de toute la société marocaine et qui consolide et renforce le front interne.
Dans “la Déclaration de Laâyoune” que vous avez signée, chaque parti politique s’engage à exploiter ses relations avec ses homologues afin de créer des groupes d’influence. Vous allez commencer par qui?
Le manque de relations et du réseautage des partis politiques marocains affaiblit la position du Maroc. Il faut que les partis politiques se saisissent du dossier du Sahara et qu’ils soient plus actifs et plus entreprenants dans le cadre de la diplomatie parallèle. Certains partis n’ont plus de grande crédibilité politique au Maroc et n’ont plus le pouvoir de peser sur les décisions des grandes organisations internationales. Ce qui est regrettable et qui n’est pas en faveur de notre cause nationale car cela n’a pas de secret: tu es respecté à l’international quand tu as un poids politique à l’intérieur de ton pays. Pour ce qui nous concerne, au sein de la FGD, nous avons établi depuis plusieurs années des relations avec l’ensemble des partis de gauche au niveau maghrébin et nous comptons leur envoyer un courrier le plus tôt possible afin de leur expliquer notre position et leur donner les éléments liés à l’intrusion des membres du Polisario dans la zone tampon. Pour ce qui est de la gauche européenne, nous sommes actuellement en train d’unifier les relations des différentes composantes de la FGD avec nos partenaires européens car cela nous donnera plus de force, de légitimité et surtout de la crédibilité et cela ne pourra qu’être favorable à notre cause nationale.