Abdelhak Khiame: «La France aurait dû nous alerter pour Radouane Lakdim»

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Selon le patron du BCIJ, la France aurait dû alerter le Maroc sur le comportement extrémiste de l’auteur des attaques meurtrières de vendredi dernier dans le sud de la France.
La France aurait-elle pu prévenir les attaques perpétrées vendredi par Radouane Lakdim, qui ont fait quatre morts dans le sud du pays? Peut-être. En effet, nombreux sont ceux qui se demandent comment le jihadiste a pu échapper à la vigilance des services français, surtout après les derniers attentats. Et le chef du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), Abdelhak Khiame, en fait partie.
Selon lui, la France aurait dû alerter le Maroc sur le comportement extrémiste de Lakdim, qui était déjà fiché «S» (personne qui pourrait être une menace pour la sécurité publique, NDLR). «Nous n’avons pas été informés des antécédents radicaux de Lakdim», a-t-il confié mardi à l’agence Associated Press. Le Maroc «aurait dû être notifié que son citoyen était recherché par les services de sécurité français», a ajouté Khiame, attribuant cette absence de communication avec Paris à une «incompréhension».
Les autorités françaises partagent généralement les informations sur les binationaux radicalisés. Ce qui aurait dû être le cas avec Radouane Lakdim, qui est né au Maroc en 1992, avant de partir un peu plus tard la France avec sa famille. Il a obtenu la nationalité du pays en 2004.
Khiame a ajouté que le BCIJ a enquêté sur les membres de la famille du jihadiste au Maroc, mais sans trouver «aucun signe de croyances radicales». «Pendant toutes ses visites familiales et ses vacances au Maroc, Lakdim n’a jamais éveillé les soupçons de la police», a-t-il souligné, avant de rappeler que la dernière visite du concerné remonte à 2012.