Transport public: une mission parlementaire pour enquêter sur les dérives des bus

Le dossier de la gestion déléguée du transport dans les villes marocaines s’invite au Parlement. L’équipe du PAM vient de déposer une demande pour effectuer une mission exploratoire temporaire afin de faire la lumière sur les dérives que connaît le secteur, notamment le transport par bus dans les villes de Casablanca, Kénitra et Marrakech.

Rien ne semble aller dans le secteur du transport public au Maroc. Soumis à la gestion déléguée dans les grandes villes du royaume, le transport public, notamment par bus, déchaine les passions et fait couler beaucoup d’encre entre les diverses accusations des opérateurs.

Au point de pousser l’équipe parlementaire du PAM à demander une mission exploratoire temporaire, prévue par l’article 107 du règlement intérieur de la première Chambre, rapporte le quotidien Al Massae dans son édition du 30 avril.

En effet, selon le support arabophone, plusieurs acteurs économiques et associatifs s’insurgent contre les dérives et pratiques non professionnelles qui entachent le secteur, surtout pour ce qui concerne les appels d’offres et les critères à remplir pour remporter les marchés.

Selon la note technique de la mission exploratoire, l’enquête parlementaire se penchera sur les pertes colossales essuyées par les finances locales et le budget public au titre des contrats de gestion déléguée des transports urbains par bus à Casablanca, Marrakech et Kénitra. La société contractante ayant remporté la transaction ne supportant ainsi aucun risque industriel ni commercial, affirment les mêmes acteurs, pas plus qu’elle ne consent des efforts d’investissement, puisque ce sont les Conseils de la ville qui supportent l’essentiel des coûts (coûts d’acquisition de la flotte, dépenses d’exploitation…).

L’enquête portera également sur les appels d’offres de gestion déléguée et sur le bien fondé de la fixation des critères et surtout la non application du principe de la préférence nationale. La mission s’intéressera par ailleurs au respect des clauses des cahiers de charges prévus dans le cadre des contrats de gestion délégué par la société « Alsa » dans les trois villes.

Le journal Al Massae rappelle en ce sens qu’il avait publié une série d’articles et d’enquêtes qui avaient mis à nu plusieurs violations de la société Alsa dans sa gestion déléguée à Casablanca et Marrakech. Ainsi, la société espagnole avait insisté pour que le Conseil de la ville de Casablanca revoie certaines clauses afin d’augmenter ses revenus malgré tous les privilèges financiers et fiscaux dont elle avait bénéficié et qui lui garantiraient près de 11 milliards de dirhams de gains et un contrat de 10 ans, qui pourrait être prolongé de cinq ans supplémentaires.

En outre, la société avait exigé 23 millions de dirhams par mois en plus de ce qui était convenu dans le contrat de gestion de base, ce qui porterait son revenu annuel à 350 millions de dirhams avant même que la société espagnole n’ait investi le moindre dirham.