Scandale sanitaire en Europe: des millions d’œufs retirés des supermarchés

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Le scandale des œufs contaminés s’est étendu vendredi à plusieurs pays européens, qui ont lancé préventivement la traque dans les rayons de supermarchés à plusieurs millions d’œufs néerlandais suspectés de contenir des traces d’insecticide.

Les deux principales chaînes de supermarchés suisses, Coop et Migros, ont annoncé qu’elles retiraient tous les œufs d’importation de la vente comme mesure de précaution. À plus petite échelle, les autorités sanitaires suédoises et belges ont également commencé ce vendredi 4 août à tracer et retirer des lots d’œufs suspects.

La veille, les supermarchés néerlandais et allemands avaient commencé à retirer en masse des millions d’œufs de leurs rayons. L’objectif est d’empêcher la commercialisation ou l’arrivée dans les frigos des clients de ces lots d’œufs livrés par les Pays-Bas et contenant une molécule interdite, bien que jugés peu nocive pour la santé des consommateurs à petite dose.

À l’origine de l’affaire, des éleveurs néerlandais de volailles ont fait appel à Chickfriend, une société spécialisée dans l’éradication du pou rouge, qui a employé dans son produit du « fipronil », une molécule prohibée dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire.

L’Allemagne a été la plus massivement touchée. Le ministère de l’Agriculture a estimé dans un communiqué qu’au moins trois millions d’œufs contaminés avaient été livrés dans le pays. Plusieurs grandes enseignes de supermarchés comme REWE ou Aldi ont annoncé depuis jeudi retirer des œufs de la vente.

Le ministre allemand de l’Agriculture, Christian Schmidt, a expliqué que la première alerte était partie le 20 juillet de Belgique, mais que Berlin n’avait été avertie qu’en fin de semaine dernière par les autorités néerlandaises.

Le scandale du fipronil a donc fait surface pour la première fois en Belgique. L’enseigne de supermarchés Colruyt reconnait avoir déjà retiré en juillet des œufs provenant de deux fournisseurs, dont les fermes étaient suspectées par les autorités belges d’être contaminées à l’insecticide.

L’Agence belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) explique de son côté avoir réalisé des saisies d’œufs avant qu’ils ne partent en rayon et déployé des contrôleurs sur le terrain pour vérifier que les mesures menées auprès des exploitants sont appliquées.

En grande quantité, le fipronil est considéré comme modérément toxique pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La porte-parole de la Commission européenne, Anna-Kaisa Itkonen, a déclaré suivre l’affaire de très près, considérant comme prioritaires les questions touchant à la santé publique.

« Nous sommes en relation permanente » avec les pays touchés, « les élevages ont été identifiés et les œufs infectés sont retirés du marché », a-t-elle poursuivi, arguant que la « situation était sous contrôle. »

Les pertes s’élèvent déjà à plusieurs millions d’euros
Aux Pays-Bas, la chaîne de supermarchés la plus importante du pays, Albert Heijn, a stoppé la commercialisation de 14 types d’œufs. Mais la crise prend surtout une tournure économique avec des éleveurs frappés de plein fouet.

Les pertes s’élèvent déjà à plusieurs millions d’euros, selon le syndicat néerlandais des éleveurs de volailles. La Haye a annoncé plancher sur le déblocage d’un plan d’aide d’urgence pour les éleveurs de volaille touchés par le scandale du fipronil.

L’Office suisse de la sécurité alimentaire (OSAV) a indiqué dans un communiqué que les quantités constatées jusqu’à présent ne mettent pas en danger la santé des consommateurs.

En Suède, l’Agence de sécurité alimentaire a annoncé n’avoir connaissance que d’un seul lot d’œufs contaminés et qui a été livré à un petit grossiste.

Le scandale pourrait encore prendre de l’ampleur si d’autres produits transformés s’avèrent contenir des œufs contaminés. En Allemagne, six salades industrielles faites d’œufs en morceaux ou de mayonnaise ont été rappelées vendredi soir par leur fabricant.