Les vœux de Bill Gates pour 2020 ? Plus d’impôts pour les riches

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Alors que les inégalités mondiales ne cessent de provoquer les inquiétudes, certains privilégiés font preuve de discernement. Parmi eux, Bill Gates. Le fondateur de Microsoft et célèbre philanthrope a ainsi fait part de ses vœux pour 2020, où il plaide, encore une fois, pour une augmentation des impôts pour les riches. S’il avait émis cette proposition antérieurement, il y revient avec plus de détail.

C’était pendant la réforme du régime fiscal de Donald Trump en février  2018, Bill Gates avait surpris son monde en critiquant la mesure du président républicain, indiquant qu’il s’agit d’une «régression». «Je devrais payer plus d’impôts. J’ai payé davantage d’impôts que quiconque, plus de 10 milliards de dollars, mais le gouvernement devrait exiger des personnes dans ma position de payer des impôts bien supérieurs» plaidait-il sur les ondes de CNN. Entre temps, celui qui est considéré comme le deuxième homme le plus riche du monde a clarifié sa position. Dans sa note publiée sur son blog intitulée «mes pensées du réveillons du nouvel an», il étaie son argumentaire.

«Bien que je ne sois pas un expert droit fiscal, voici quelques mesures que le gouvernement des Etats-Unis devrait prendre pour rendre son système plus équitable. Nous devrions transférer une plus grande partie de la charge fiscale sur le capital, notamment en augmentant l’impôt sur les gains en capital, probablement au même niveau que les impôts sur le travail».

Il se montre ainsi défavorable au «capitalisme dynastique», et recommande de taxer fortement les successions. «Je suis également en faveur de l’augmentation de l’impôt sur les successions et de la suppression des failles dont profitent de nombreux riches. Un système dynastique où vous pouvez transmettre une grande richesse à vos enfants n’est bon pour personne; la prochaine génération ne se retrouve pas avec la même incitation à travailler dur et à contribuer à l’économie. C’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles Melinda et moi rendons presque toute notre richesse à la société par le biais de notre fondation, plutôt que de la transmettre à nos enfants».

Il conclue enfin en expliquant qu’une augmentation des taxes n’aura pas forcément d’effet rédhibitoire sur l’investissement et la création de richesse : «Dans les années 1970, lorsque Paul Allen et moi avons démarré Microsoft, les taux d’imposition marginaux étaient presque deux fois plus élevés qu’aujourd’hui. Cela n’a pas empêché de bâtir une grande entreprise».