Evénementiel: le GPPEM prépare l’après Covid-19 et présente un plan de relance en 5 points

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Aziz Bouslamti, président du Groupement Professionnel des Prestataires de l’Evénementiel du Maroc. DR

Le secteur de l’événementiel subit de plein fouet les répercussions d’un arrêt brutal de son activité, qui atteint, en temps normal, son pic juste avant le mois du Ramadan. Afin de préparer le secteur à l’après Covid-19, le Groupement professionnel des prestataires de l’événementiel au Maroc (GPPEM) a mis en place des commissions chargées d’élaborer un plan de relance.

Les opérateurs du secteur qui évoluent dans l’incertitude complète, pâtissent déjà de difficultés de trésorerie et anticipent une baisse conséquente de leur chiffre d’affaires face aux annulations en cascade des événements et manifestations majeurs, en application des mesures de confinement sanitaire.

« Le secteur est à l’arrêt quasi-total. A part quelques opérateurs qui ont été sollicités durant cette crise pour participer à la mise en place de divers aménagements parfois gracieusement, la grande majorité des professionnels de l’événementiel est au chômage », déplorait le 24 avril, le président du GPPEM, Aziz Bouslamti, dans une interview accordée à la MAP.

« Le gros de l’événementiel institutionnel, qui représente la grande partie des manifestations, se déroule avant le mois du ramadan, après ramadan et avant le 15 juillet et entre mi-septembre et mi-décembre. Si les prévisions faites au niveau mondial au sujet du Covid-19 s’avèrent justes, l’année sera quasi chômée pour notre secteur », déplorait alors M. Bouslamti.

Les TPME, le segment dominant du secteur, digèrent mal ce repli de la demande et voient ainsi leur trésorerie basculer dans le rouge. Une crise qui n’épargne aucun maillon de l’écosystème de événementiel, qu’il soit des « petites mains » engagées dans la foulée d’un événement ou des structures beaucoup plus formelles.

 

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Aujourd’hui, face à l’urgence, Aziz Bouslamti tire la sonnette d’alarme: « Nous nous attendons à une baisse de +70% du chiffre d’affaires de l’EIE, entrainant une perte de près de 150.000 emplois, si rien n’est fait durant les prochaines semaines. Il ne faut pas oublier que l’expertise événementielle marocaine contribue de manière significative à drainer des devises, elle évite aussi de faire appel aux opérateurs internationaux et ainsi de faire sortir ces mêmes devises ».

Pour tenter de sauver le tissu industriel de l’événementiel lourdement impacté par la crise sanitaire, un plan de relance a été élaboré. Dans ce sens, le GPPEM fait appel au ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique pour qu’il soutienne l’écosystème de l’industrie de l’événementiel.

Le Groupement lance par ailleurs un appel à tous les grands donneurs d’ordre publics et privés pour les inciter à maintenir une partie de leurs événements, suivant des conditions sanitaires à établir en étroite collaboration avec les autorités compétentes, ou au moins les reporter.

Le GPPEM a identifié cinq axes essentiels autour desquels devra s’appuyer la relance du secteur:

  1. La commande publique;
  2. La communication et la promotion;
  3. Le sanitaire;
  4. Le fiscal et le social;
  5. Le bancaire.

Pour le GPPEM, il est urgent de mettre en place ces mesures qui permettront de maintenir la commande publique, pour sauver l’industrie de l’événementielle, et éviter ainsi les faillites d’entreprises et les pertes d’emplois. « Il faut penser à revoir les structures, les investissements et les priorités en termes de management », insiste le président du GPPEM.