Bruxelles inflige une amende record de 4,3 milliards d'euros à Google

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La Commission européenne condamne le géant pour abus de sa position dominante dans la recherche avec son système d’exploitation pour mobile Android.

Une nouvelle amende record pour Google en Europe. La Commission européenne condamne le géant à verser 4,3 milliards d’euros (environ 46 milliards de dirhams), cette fois dans le dossier antitrust de son système d’exploitation pour mobile, Android. C’est le montant le plus élevé jamais imposé par Bruxelles, qui somme l’entreprise américaine «de mettre fin à ses pratiques illégales dans les 90 jours» sous peine de se voir infliger des astreintes allant jusqu’à 5% du chiffre d’affaires journalier moyen mondial de sa maison-mère, Alphabet.
L’entreprise américaine est accusée de profiter de la position dominante sur Androidpour asseoir la suprématie de ses propres applications. La Commission vise avant tout Google search, le moteur de recherche en ligne de Google. Dans ses griefs, adressés le 20 avril 2016 à Google, la Commission européenne accusait premièrement l’américain d’obliger les fabricants de smartphones à préinstaller «Google Search» et de le paramétrer comme service de recherche par défaut, ou exclusif, sur la grande majorité des appareils sous Android vendus en Europe. La Commission accusait deuxièmement Google d’avoir empêché les fabricants de vendre des smartphones fonctionnant sous des systèmes d’exploitation concurrents, et troisièmement d’avoir accordé des incitations financières aux fabricants et aux opérateurs de réseaux mobiles à la condition qu’ils préinstallent en exclusivité Google Search sur leurs appareils. Après plus de deux ans de discussions, la firme de Mountain View n’a pas réussi à convaincre l’exécutif européen.

L’an dernier, la Commission européenne avait déjà condamné Google à payer une amende de 2,4 milliards d’euros pour avoir abusé de sa position dominante dans la recherche en ligne en favorisant son comparateur de prix «Google Shopping», au détriment de services concurrents.
Selon le cabinet spécialisé Gartner, le système Android domine le monde des smartphones, avec une part de marché de l’ordre de 85,9% en 2017 contre environ 14% pour iOS, le système d’exploitation d’Apple. Plus de 1,3 milliard de smartphones ont été vendus en 2017 sous Android, contre environ 215 millions pour iOS, et 1,5 million pour les autres systèmes d’exploitation.
Accords de compatibilité
À la différence d’iOS, Android est un système d’exploitation en «open source» , ce qui signifie que différents fabricants peuvent l’intégrer dans leurs appareils, sans payer de licence. Mais pour éviter une trop grande disparité et faire en sorte que différentes applications soient compatibles avec différents modèles d’appareils sous Android, Google fait signer avec les fabricants et développeurs d’applications des accords de compatibilité («Google’s voluntary compatibility agreements»). Le contrat demande que les smatphones aient le moteur de recherche de Google et le navigateur Chrome installés par défaut, pour avoir accès à la boutique d’applications, le Play Store.
Android firme qu’aucun fabricant n’est obligé d’installer par défaut les applications de Google (Chrome, Maps, Gmail etc.) et qu’il peut pré-installer des applications concurrentes. Dans les faits, compte tenu de leur popularité auprès des utilisateurs, les fabricants et les opérateurs mobiles choisissent quasi systématiquement de les pré-installer. Pour cela, ils doivent au préalable installer un ensemble appelé «Google Mobile Services» qui contient de nombreuses applications (Search, Chrome, Play Store, Play Music, Play Movies, Drive, Photos, Maps, Gmail, Hangouts (messagerie), YouTube…). Android explique que «les applications ont été conçues pour travailler ensemble»: un utilisateur peut, par exemple, sauvegarder une photo reçue dans sa boîte Gmail vers (Google) Photos ou encore ouvrir une pièce jointe reçue par courriel dans Drive, le système de stockage en ligne de Google. GMS est soumis à une licence.