Amnistie fiscale: le « blanchiment légal » bat son plein dans les villes du nord

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Les établissements bancaires de Tétouan, Tanger et Nador connaissent une affluence sans précédent de la part des «mauvais contribuables» voulant bénéficier de l’amnistie décrétée par la loi de finances 2020. Les «barons» ont après consultation d’experts décidé de sauter sur cette occasion de «blanchiment légal».

 

Cherchant à renflouer ses caisses, l’Etat a opté une nouvelle fois pour la régularisation spontanée au titre des avoirs et liquidités détenus à l’étranger et au Maroc. Et ce, après l’opération de 2014 qui a drainé plus de 27MMDH déclarés au titre de contributions libératoires.

Dans les villes du Nord, les évadés fiscaux ont malgré leur scepticisme commencé à rapatrier les devises et déclarer leurs biens immobiliers et/ou leurs placements, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du jeudi 27 février.

Selon des sources de ce dernier, la plupart des déclarations concernent du cash mis à l’abri hors circuit bancaire. Les propriétaires de ces sommes, qui n’étaient pas déclarées auprès de la Direction générale des impôts (DGI), ont profité de l’opération de régularisation décrétée dans le cadre de la loi de finances 2020.

Les concernés ont déposé sur des comptes bancaires ces sommes moyennant le paiement d’une contribution libératoire de 5%.

 

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Les mêmes sources indiquent que les «déclarants» sont connus dans la région comme des barons de la contrebande et du trafic de drogues. Ils ont eu recours à des cabinets de consulting spécialisés pour s’assurer de la possibilité de bénéficier de la contribution libératoire.

Les sources d’Assabah ont indiqué que les banques sont tenues de respecter la confidentialité concernant les dossiers des contributions libératoires et de ne pas dévoiler leur identité même à la DGI et à l’Office des changes.

Ce qui a constitué une occasion en or de blanchiment légal des avoirs pour les barons de la contrebande et du trafic de drogues.

Les déclarations ne concernent pas que les villes du Nord, certains mauvais contribuables ont eu recours à des banques de Casablanca ou Marrakech pour en bénéficier.

Il est attendu, selon les mêmes sources, que les sommes déclarées dépassent les 15 milliards de dirhams (MMDH). Ce qui aidera les banques à augmenter le niveau des liquidités qui ont baissé d’une manière remarquable à cause des retraits causés par les récentes opérations de révision fiscales.