Etats-Unis: démission du PDG et fondateur d’Uber

Cinq fonds d’investissement de l’entreprise ont exigé et obtenu le départ du fondateur et PDG de l’entreprise, dont l’application aura réinventé le transport de personnes.

Le nom du fondateur d’Uber restera associé à ce que les start-up californiennes peuvent offrir de pire: un management brutal et irrespectueux, une culture d’entreprise immature et sexiste, des scandales à répétition et de l’argent par milliard qui déconnecte de toute réalité.

Mardi, cinq importants actionnaires de la société ont exigé la démission de Travis Kalanick afin qu’Uber «reparte de l’avant». Les fonds Benchmark Capital, First Round Capital, Lowercase Capital, Menlo Ventures et Fidelity Investments détiennent un quart du capital et 40% des droits de vote de la start-up la plus chère au monde, valorisé plus de 70 milliards de dollars.

À l’intérieur même de l’entreprise, cette démission était attendue, et souhaitée. Dans un exercice d’autocritique à l’américaine, Travis Kalanick avait reconnu il y a quelques semaines ses manquements, et expliqué qu’il souhaitait être secondé dans son travail.

En cinq ans, la start-up est passée d’une centaine à 12.000 employés, et ne se conduit plus de la même manière. Tout une génération de salariés, arrivés pour développer l’entreprise de par le monde, lancer des projets dans la livraison, les drones ou les voitures autonomes, peinait à se retrouver dans les méthodes de cette génération «Uber 1.0».

Une direction décimée

Malmené par des appels au boycott, Uber poursuit pourtant sa route à vive allure. L’entreprise a réalisé 3,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires au cours des trois premiers mois de l’année, soit une hausse de 18% par rapport au trimestre précédent. Ses pertes, de 708 millions de dollars, contre 991 millions auparavant, reflètent les coûteux investissements pour se développer dans de nouveaux marchés.

Lors de sa première prise de congé, Travis Kalanick avait indiqué qu’un comité d’une dizaine de dirigeants présiderait dorénavant aux destinées d’Uber.