Mahi Binebine boycotte la cérémonie de remise des Prix Méditerranée 2020

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Trois lauréats des prix littéraires Méditerranée 2020, et un de leurs éditeurs boycotteront la remise des prix le 3 octobre dans la ville française de Perpignan (Sud-Est), qui a récemment élu pour maire Louis Aliot, membre du parti d’extrême droit Rassemblement national (RN).

Bruno Doucey, l’éditeur de la poétesse algéro-tuniso-française Souad Labbize, a indiqué dans un communiqué reçu vendredi par l’AFP que sa maison d’édition ne se rendra « pas à la remise du prix, pas plus » que Mme Labbize elle-même.

Ce prix étant « placé sous la houlette du Centre Méditerranéen de Littérature (CLM), parrainé par la mairie de Perpignan » et devant être remis « par son organisateur, le nouvel adjoint à la Culture de la ville », André Bonet, « il nous semble inopportun de paraître apporter la moindre caution à une équipe municipale qui incarne l’inverse de toutes les valeurs que nous défendons », précisent les Editions Doucey.

 

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Co-lauréate avec Carles Diaz du prix Méditerranée Poésie 2020 pour son recueil « Je franchis les barbelés », Mme Labbize a co-signé avec l’écrivain marocain francophone Mahi Binebine (prix Méditerranée 2020 pour « Rue du pardon ») et le romancier italien Giosuè Calaciura (prix Etranger 2020 pour « Borgo Vecchio ») un texte annonçant qu’ils déclineront l’invitation à la cérémonie.

Il s’agit d' »éviter tout amalgame et toute récupération ou instrumentalisation de la culture à des fins idéologiques ou politiques », précisent les auteurs.

Communiqué de presse "Nous n’assisterons pas à la cérémonie de remise des Prix Méditerranée 2020" Le Prix…

Posted by Mahi Binebine on Thursday, 9 July 2020

Le président du jury, l’écrivain et académicien Dominique Fernandez, en a également démissionné.

Ces prises de position découlent d’une « petite cabale totalement hors sujet », une « tempête dans un verre d’eau », a déclaré à l’AFP Alain Bonet, président historique, avant sa démission en février, du CML, créé à Perpignan en 1982 avec l’appui du ministre socialiste de la Culture de l’époque, Jack Lang.

« Ces trois lauréats auraient dû refuser le prix, c’est cela qui aurait été courageux », a-t-il ajouté, réaffirmant son estime pour la qualité de leurs oeuvres et l’engagement du CML en faveur de l »‘esprit de partage et de fraternité » en Méditerranée.

A la tête d’une liste sans étiquette, Louis Aliot a remporté la mairie de Perpignan en juin, faisant de cette ville la plus grosse prise municipale du RN.