Grippe saisonnière: pourquoi l’antibiotique n’est pas recommandé, selon Dr Moussayer

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Dr. Khadija Moussayer
Dr. Khadija Moussayer

Pendant l’hiver, plusieurs virus circulent occasionnant des épidémies de grippes mais également de Covid-19. Quels sont, donc, les signes d’aggravation de la grippe ? Et surtout quelles sont les erreurs à éviter lorsqu’on est malade ? Le point avec Dr. Khadija Moussayer, spécialiste en médecine interne et en gériatrie et présidente de l’Association marocaine des maladies auto-immunes et systémiques (AMMAIS) .

« La grippe est une maladie infectieuse causée par un  virus influenza  qui touche essentiellement les voies respiratoires supérieures (nez, gorge, bronches), plus rarement les poumons. Il se transmet facilement d’une personne à l’autre par le biais de gouttelettes respiratoires et de petites particules produites lorsque les personnes infectées toussent ou éternuent, ou par contact direct avec les sécrétions nasales d’une personne contaminée », explique la spécialiste en médecine interne.

Et de poursuivre qu’il « existe 3 types de virus influenza infectant l’humain : A, B et C. Le type A infecte l’être humain et de nombreuses espèces animales (oiseaux aquatiques sauvages, volailles), le type B infecte quasi-exclusivement l’être humain et le  type C qui provoque une maladie généralement bénigne. Les virus de types A et B sont responsables des épidémies saisonnières, le   type A a un potentiel pandémique (épidémie d’envergure mondiale), comme la pandémie de grippe A (H1N1) de 2009-2010, responsable de 280 000 morts ».

D’après le Dr.Khadija Moussayer, «  la grippe se manifeste par des frissons, suivis par de la fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête, des maux de gorge, une toux, un écoulement nasal et une sensation de malaise général ».

Par ailleurs, « les symptômes apparaissent entre 1 et 4 jours après la contamination.  La plupart des sujets atteints guérissent en une semaine sans avoir besoin de soins médicaux », souligne la présidente de l’AMMAIS.

« Toutefois, la grippe peut entraîner une maladie grave ou le décès, en particulier dans les groupes à haut risque comme les nourrissons, les personnes âgées de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les obèses morbides (indice de masse corporelle ou IMC>40 kg/m2), les diabétiques, les immunodéprimées ainsi que toutes les personnes atteintes de pathologies chroniques (maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires…) », indique la spécialiste en médecine interne.

Quels sont, donc, les signes d’aggravation à surveiller ?

« La pneumonie constitue la complication la plus fréquente de la grippe. Elle peut devenir très grave et même menacer la vie du malade. Dans ce cas, le virus réussit à atteindre les structures plus profondes des poumons, à l’origine d’une inflammation des alvéoles pulmonaires. Elle peut également se doubler d’une infection bactérienne », explique le Dr.Khadija Moussayer.

Et d’ajouter que, « l’évolution se fait souvent en deux phases : les symptômes ‘’classiques’’ de la grippe s’estompent, donnant l’impression d’un rétablissement. Mais une seconde vague de symptômes apparaît : forte toux, fièvre, crachats jaunâtres. Une pneumonie est alors à suspecter devant une douleur thoracique et une gêne respiratoire. Egalement, Elle peut présenter une aggravation de la toux, des difficultés respiratoires, une fièvre persistante ou récurrente et, parfois, une expectoration sanglante ou purulente ».

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« La grippe saisonnière est susceptible d’être à l’origine d’une défaillance cardiaque. Le taux d’incidence d’un infarctus du myocarde serait multiplié par six la semaine suivant l’infection, en particulier chez les plus de 65 ans.  Une inflammation du myocarde (myocardite) peut survenir chez des personnes jeunes et en bonne santé, ce syndrome étant parfois aggravé par la pratique sportive durant un épisode de fièvre », indique l’experte tout en soulignant que, « l’infection donne parfois une inflammation du cerveau (encéphalite), révélée par des troubles de la conscience, somnolence ou encore crise d’épilepsie. Le risque d’accident vasculaire cérébral est également augmenté dans les semaines suivant l’infection ».

Quid du traitement ?

« Le traitement de la grippe repose notamment sur le repos, une bonne hydratation et la prise d’antipyrétiques en cas de fièvre », souligne la spécialiste.

Par ailleurs, la présidente de l’AMMAIS recommande de «prendre des fruits contenant de la vitamine C, un nutriment qui stimule les défenses immunitaires et a   des vertus tonifiantes. Le miel a un effet apaisant sur les muqueuses irritées. Pour les boissons chaudes, il faut favoriser les tisanes au thym qui possède des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et antimicrobiennes. Elles contiennent également de la vitamine C et des flavonoïdes qui peuvent aider à renforcer le système immunitaire ».

Et de conclure, « la prise d’antibiotiques n’est pas recommandée en cas de grippe et elle n’est nécessaire qu’en cas de surinfection ».

 

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