Zone euro: le chômage au plus bas depuis 11 ans, à 7,5% en mai

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Le taux de chômage dans la zone euro a atteint en mai son niveau le plus faible depuis juillet 2008, à 7,5%, a annoncé lundi l’Office européen des statistiques Eurostat.

Ce chiffre est meilleur que celui anticipé par les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset, qui tablaient sur 7,6%, comme en avril.

Le taux de chômage en Italie est passé sous la barre symbolique des 10% en mai, à 9,9%, une première depuis février 2012, selon des données provisoires publiées lundi par l’Institut national des statistiques (Istat).

Cette annonce est une bonne nouvelle pour la coalition populiste au pouvoir à Rome, critiquée par Bruxelles pour sa politique budgétaire expansionniste, mais qui insiste sur le fait que celle-ci favorisera la croissance et l’emploi.

Le chômage a reculé de 0,2 point par rapport à avril. Il reste néanmoins toujours très au-dessus de la moyenne de la zone euro, qui s’élevait en mai à 7,5%.

Parmi les 15-24 ans, la baisse a encore été plus importante (-0,7 point), même si le taux demeure là encore extrêmement élevé (30,5% contre 15,7% en moyenne dans la zone euro).

Sur un an, la tendance à la hausse du nombre de personnes ayant un emploi s’est poursuivie, avec une augmentation de 0,4% par rapport à mai 2018, soit 92.000 personnes actives occupées en plus.

Troisième économie de la zone euro et deuxième pays manufacturier d’Europe, l’Italie a connu une dure récession en 2012-2013, puis une croissance exsangue avant de retomber en récession technique au dernier semestre 2018.

Son taux de chômage en a été durement affecté. De quelque 6% en 2007, il a grimpé jusqu’à 12,8% en octobre 2014, avant de redescendre peu à peu.

Après 10,6% en 2018, l’Istat prévoit un taux de chômage de 10,8% en 2019. Mais l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) est plus pessimiste, tablant sur 11,7% cette année et 12,3% l’année suivante.

Le Produit intérieur brut (PIB) italien n’a progressé que de 0,1% au premier trimestre 2019, affecté par le ralentissement économique en Europe, les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, mais aussi par la prudence des entreprises italiennes qui investissent moins, inquiètes de l’évolution mondiale et de la politique engagée par la coalition populiste au pouvoir depuis un an à Rome.

Le gouvernement d’union est actuellement engagé dans une négociation délicate avec la Commission européenne, qui menace d’ouvrir une procédure disciplinaire à son encontre en raison du niveau de sa dette et de son déficit.

Il y a une semaine, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a néanmoins indiqué que Rome tablait sur un déficit de 2,1% cette année, soit moins que les 2,5% prévus par la Commission européenne et les 2,4% que sa coalition prévoyait jusqu’à récemment.