Tunisie: détention d’un enquêteur de l’ONU accusé d’espionnage

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Un fonctionnaire de l’ONU, chargé d’enquêter sur les violations de l’embargo sur les armes frappant la Libye, est en détention depuis mardi en Tunisie, ont indiqué l’ONU et les autorités tunisiennes qui l’accusent d’espionnage.

De nationalité tunisienne, Moncef Kartas, expert de la gouvernance sécuritaire et membre du panel d’experts du comité des sanctions sur la Libye, a été arrêté à son arrivée à Tunis, a indiqué un porte-parole de l’ONU à l’AFP.

« Nous sommes en contact avec les autorités tunisiennes pour connaître les raisons de son interpellation », a précisé l’ONU dans un communiqué, soulignant que Kartas, en tant qu’expert mandaté par l’ONU, bénéficiait d’une immunité diplomatique.

Selon le site tunisien d’information Univers News qui a révélé cette arrestation, Kartas a la double nationalité tunisienne et allemande.

Les autorités tunisiennes ont confirmé son arrestation vendredi en faisant état de la détention de deux Tunisiens, dont Kartas, soupçonnés « d’espionnage au profit de parties étrangères ».

 

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« Des documents secrets contenant des données détaillées sensibles susceptibles de porter atteinte à la sécurité nationale ont été saisis, ainsi que des équipements techniques interdits dans notre pays, qui peuvent être utilisés pour brouiller ou intercepter des communications », a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

L’annonce de cette arrestation intervient alors que le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres est attendu à Tunis samedi pour participer au sommet arabe dimanche dans la capitale tunisienne.

L’ONG Human Rights Watch a appelé dans un communiqué Tunis à « expliquer immédiatement cette arrestation choquante de Kartas » et à « lui permettre d’avoir accès à un avocat », rappelant que la Tunisie est dans « l’obligation de coopérer avec les enquêtes du comité » d’experts de l’ONU.

 

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Dans un rapport co-signé par Kartas, le groupe d’experts avait souligné en 2017 que « des armes et des munitions continuent d’être livrées aux différents belligérants (en Libye), avec l’implication d’Etats membres » de l’ONU.

Depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos, avec une multitude de groupes armés et de forces politiques rivales.