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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Le Sri Lanka était encore partiellement sous couvre-feu mardi, avec un blocage des réseaux sociaux étendu à Twitter, au lendemain d’émeutes anti-musulmans qui ont fait un mort, trois semaines après les attentats jihadistes de Pâques.

    Les émeutes, qui surviennent en plein ramadan, ont éclaté dans la province du Nord-Ouest. Le 21 avril, des attentats contre trois églises et trois hôtels de luxe, revendiqués par le groupe jihadiste Etat islamique, avaient tué 258 personnes.

    Les violences ont commencé dimanche, notamment à Chilaw (80 km au nord de Colombo). Lundi, dans le district de Puttalam, un musulman âgé de 45 ans a été lynché dans son atelier de menuiserie, selon la police. Ailleurs, des groupes ont attaqué des magasins, habitations et véhicules appartenant à des musulmans, ainsi que des mosquées.

    Un couvre-feu national imposé lundi soir a été levé mardi matin sauf dans la province du Nord-Ouest.

     

    Lire aussi : Attentats au Sri Lanka : la police donne les noms des kamikazes

     

    Dans un district voisin, celui de Gampaha, un commerçant d’électronique de la ville de Minuwangoda (45 km au nord de Colombo) a assuré à l’AFP par téléphone que lundi « des hommes à moto ont lancé les violences. Ils n’étaient pas de la ville ».

    Selon lui, « ils ont commencé à vandaliser des magasins musulmans et à jeter des cocktails Molotov puis les habitants se sont joints à eux ». Les forces de sécurité ont fini par tirer en l’air pour disperser la foule.

    Une usine de pâtes alimentaires appartenant à un musulman a été incendiée. Joint au téléphone par l’AFP, le propriétaire Ashraf Jifthy précise que trois de ses employés ont été blessés et que « les forces de sécurité étaient à l’extérieur mais n’ont pu empêcher l’attaque, survenue durant le couvre-feu ».

     

    Lire aussi : Le Sri Lanka interdit le niqab après les attaques

     

    Une mosquée de Minuwangoda a été caillassée. A Kinyama, deux mosquées ont été vandalisées sous l’œil des forces de l’ordre dépassées. A Bingiryiya, « environ 2.000 personnes ont entouré notre mosquée et l’ont saccagée », selon un responsable religieux local.

    Le blocage de l’accès aux réseaux sociaux imposé lundi à Facebook, WhatsApp, YouTube et Instagram a été étendu mardi à Twitter, ont indiqué des fournisseurs de service internet. Il vise à limiter la diffusion de messages incitant à la violence.

    Dans une allocution télévisée lundi soir, le Premier ministre Ranil Wickremesinghe a estimé que les émeutes pouvaient entraver l’enquête sur les attentats de Pâques.

    L’état d’urgence a été déclaré après les attentats, renforçant les pouvoirs des forces de sécurité. Cinquante-six suspects restent détenus.

    De son côté, le chef de la police Chandana Wickramaratne a lancé à la télévision un avertissement aux émeutiers, soulignant que les policiers avaient pour instruction d’utiliser la force maximale.

    Le Sri Lanka, pays à majorité bouddhiste, compte environ 10% de musulmans et 7,6% de chrétiens.

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