Saad Hariri exhorte le Hezbollah à la «neutralité»

781
C.AFP

Le Premier ministre libanais Saad Hariri, qui a suspendu sa démission surprise du 4 novembre, a déclaré lundi sur CNEWS qu’il renoncerait à son mandat si le Hezbollah s’opposait au nouvel équilibre politique qu’il appelle de ses voeux au Liban.

Saad Hariri, qui accuse l’Iran et le Hezbollah de déstabiliser son pays, conditionne son maintien aux affaires à l’affirmation d’une politique étrangère de « distanciation » d’avec les conflits régionaux. Des concertations avec les principaux dirigeants politiques du pays, jusqu’ici qualifiées de « positives », sont en cours sous l’égide du président Michel Aoun afin de « trouver un terrain d’entente permettant de préserver l’intérêt du Liban, sa sécurité, sa stabilité et son unité ».

« Là, on est en train de faire le dialogue, mais moi je voudrais rester », a dit Saad Hariri en français sur CNEWS, en souhaitant une issue positive au dialogue en cours. « Je voudrais que la stabilité du Liban soit la première chose pour tout le monde ». Prié de dire s’il resterait au pouvoir dans l’hypothèse où l’Iran et le Hezbollah entravaient la concertation, Saad Hariri a répondu par l’affirmative. Mais « je crois que le Hezbollah est en train de faire un dialogue positif », a-t-il relevé. « Ils savent. On doit être neutre dans la région », a-t-il insisté.

« Je ne veux pas qu’un parti politique dans mon gouvernement fasse de l’ingérence dans des pays arabes contre les autres pays arabes », a-t-il prévenu. « J’attends la neutralité sur laquelle nous nous sommes mis d’accord dans le gouvernement (…) On ne peut dire quelque chose et faire quelque chose d’autre ».

L’équilibre gouvernemental, a-t-il précisé, pourra être modifié en fonction des résultats des consultations. Saad Hariri s’est dit ouvert à des élections anticipées au Liban – le scrutin est prévu en mai 2018. « J’aimerais bien. Pourquoi pas? » a-t-il dit. « Je n’ai pas de problème avec des élections anticipées ».