Ce que révèlent les archives secrètes sur l’assassinat de Kennedy

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Les premiers dossiers concernant l’attentat mortel du président américain le 22 novembre 1963 ont été déclassifiés ce jeudi.

Donald Trump a fait publier jeudi la grande majorité des dossiers top secrets sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963, à Dallas. Et si le président américain a décidé de repousser de six mois la divulgation de plus de 200 archives jugées trop «sensibles», historiens, journalistes et passionnés s’attellent déjà à défricher les 2891 dossiers dévoilés, soit plus de cinq millions de pages. Vendredi, de premières découvertes ont d’ores et déjà été révélées au grand jour. Le Figaro fait le point.

Le FBI a prévenu la police de Dallas qu’une menace planait sur Oswald

Quelques jours après la mort de «JFK», une commission d’enquête, la commission Warren, conclut qu’il a été tué par l’ancien Marine tireur d’élite, Lee Harvey Oswald, ayant agi seul. Le 24 novembre, ce jeune manutentionnaire est assassiné à la sortie d’un interrogatoire avec la police, empêchant tout procès à son encontre. Son agresseur n’est autre que Jack Ruby, un gérant de boîte de nuit.

Un mémo écrit par le directeur du FBI de l’époque, Edgar Hoover, révèle que le Bureau fédéral avait averti la police de Dallas qu’une menace de mort planait sur Oswald. «La nuit dernière, notre antenne à Dallas a reçu un appel d’un homme, parlant d’une voix calme qui disait qu’il était membre d’un comité organisé pour tuer Oswald», décrit-il, le jour de la mort du tueur présumé de JFK.

«Nous avons immédiatement averti le chef de la police et il nous a assuré qu’Oswald bénéficierait d’une protection suffisante. Ce matin, nous avons de nouveau appelé le chef de la police pour l’avertir de la possibilité d’actions contre Oswald, et il nous a assuré à nouveau qu’une protection adéquate lui serait accordée. Cependant, cela n’a pas été fait», déplore-t-il.

L’URSS croyait à un complot de l’ultra droite

Parmi le flot intarissable de théories du complot qui jalonnent l’assassinat du 35e président américain, l’idée d’une conjuration organisée par l’URSS figure en bonne place. Car en 1963, les relations avec les Américains sont plus que tendues, en pleine Guerre froide. Or, une note du FBI va à contresens de cette idée. On apprend que les responsables soviétiques considèraient Oswald comme un «maniaque névrosé, déloyal envers son pays et tout le reste».

Les dirigeants du parti communiste de l’URSS pensaient également qu’il y avait un «complot bien organisé de la part de l’ultra-droite aux États-Unis pour commettre un coup d’État». D’ailleurs, les Soviétiques craignaient que cet assassinat puisse servir de prétexte pour «arrêter les négociations avec l’Union soviétique, attaquer Cuba et par la suite répandre la guerre». Dans une autre note, on apprend que la CIA a envisagé à de nombreuses reprises de tuer l’emblématique dirigeant cubain, Fidel Castro. Ce dernier aurait fait part de son «heureux plaisir» après la mort de JFK, selon un document.

Oswald en voyage au Mexique

D’après un mémo de la CIA, Lee Harvey Oswald se trouvait à Mexico le 28 septembre 1963, soit sept semaines avant l’assassinat de JFK. Il s’est rendu à l’ambassade soviétique et s’est entretenu avec le consul Valeriy Vladimirovich Kostikov. Selon l’agence de renseignement, cet officier du KGB était membre du département 13, une unité «responsable des sabotages et des assassinats».

Trois jours plus tard, Oswald a appelé l’ambassade, s’est identifié par son nom, parlant le Russe de manière hésitante. Il s’est alors entretenu avec un membre inconnu de l’ambassade, et lui a posé des questions. Il a notamment demandé s’il y avait «du nouveau» sur un mystérieux «télégramme à Washington».

Une autre note explique également que le FBI à Dallas a tenté de suivre et de localiser Lee Harvey Oswald, en octobre 1963, soit un mois avant la mort de JFK. Le jeune manutentionnaire était jugé «intéressant, selon des sources cubaines».

Un appel mystérieux avant la mort de JFK

Selon un document transmis par un directeur adjoint de la CIA au directeur du FBI, un journaliste d’un quotidien local britannique, The Cambridge News , a reçu un appel téléphonique anonyme, vingt-cinq minutes seulement avant la mort de John Fitzgerald Kennedy. «L’appelant a conseillé au journaliste d’appeler l’ambassade américaine à Londres à propos de grandes nouvelles, puis a raccroché.» Après la mort de JFK, le journaliste a informé la police de Cambridge et les services de renseignement britannique, le MI5.

Contactée par Associated Press, Anna Savva, actuellement journaliste au Cambridge News, a assuré qu’il n’y avait «aucune trace» de cet événement dans la rédaction. «Personne ici ne sait qui a pris cet appel.» Canular ou non? Le mémo de la CIA ne tranche pas et fait simplement était «d’appels anonymes du même type» en Grande-Bretagne durant l’année précédente. Cet appel à Cambridge News avait déjà été évoqué dans les années 1980 par l‘avocat britannique Michael Eddowes, convaincu que l’assassin de Kennedy n’était pas Lee Harvey Oswald mais un imposteur soviétique qui aurait pris son identité.