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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Plus de 50 personnes ont été tuées dans l’attaque menée cette semaine par Boko Haram contre une mission pétrolière dans le nord-est du Nigeria. L’assaut a résulté dans l’un des bilans des plus alarmants et pourrait encore s’alourdir.

    Ce lourd bilan montre la persistance de la menace jihadiste en dépit des affirmations du gouvernement nigérian qui affirmait que le groupe armé était très affaibli. Il illustre aussi les risques de la prospection de nouveaux champs de pétrole dans le bassin du lac Tchad alors que l’exploitation est jusqu’à présent concentrée dans le sud du pays, premier producteur d’Afrique.

    Les circonstances de l’embuscade tendue aux gardes et à l’équipe de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), accompagnés de géologues de l’Université de Maiduguri, de retour d’une mission d’exploration, n’ont pas encore été éclaircies, en raison du strict contrôle de l’armée sur les accès au Borno, épicentre des violences de Boko Haram. A noter que de premiers éléments avaient fait croire initialement à une tentative d’enlèvement.

    Mais un secouriste de Magumeri, à 50 km au nord-ouest de Maiduguri, la capitale de l’État du Borno, a déclaré qu’« à 19H00 (18H00 GMT) hier (mercredi), 47 corps avaient été retrouvés dans la brousse autour de Magumeri ».

    « Onze d’entre eux ont été grièvement brûlés lors de l’attaque. Ils ont été brûlés vifs dans leur véhicule, échoué dans un fossé. On les a enterrés là-bas parce qu’on ne pouvait pas les emmener à Maiduguri ».

    « Ce soir (jeudi 27 juillet), on a retrouvé six nouveaux corps, dont celui d’un soldat, et il se pourrait qu’on en retrouve beaucoup plus parce que les équipes de secours fouillent partout aux alentours ».

    À l’Hôpital universitaire de Maiduguri, un membre du personnel médical a déclaré de son côté : « Nous avons en ce moment 19 dépouilles de civils. Quinze d’entre eux étaient de la milice civile et quatre faisaient partie du personnel de l’hôpital ».

    Un syndicaliste enseignant de l’Université de Maiduguri, Dani Mamman, a confirmé la présence des quatre corps et précisé que deux d’entre eux étaient des enseignants. « Nous avons encore d’autres personnels manquants ».

    Pour sa part, le recteur de l’Université de Maiduguri, Ibrahim Njodi, a déclaré vendredi (28 juillet) qu’au moins cinq membres de son université avaient été tués dans l’attaque de Boko Haram, contredisant les déclarations des militaires nigérians selon lesquelles ils avaient tous été sauvés. Ces membres de l’Université faisaient partie de la mission de prospection pétrolière.

    « Les cinq sont morts », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse. « Il s’agit de deux maîtres assistants, deux techniciens et d’un chauffeur. »

    Aucun nouveau bilan officiel

    Aucun nouveau bilan n’a été fourni par l’armée, qui avait reconnu mercredi la mort de dix personnes, neuf militaires et un civil.

    Jeudi, une source médicale au QG de la 7e division à Maiduguri a déclaré que : « jusqu’à présent, nous avons 18 soldats morts. Dix ont été amenés mercredi et huit autres jeudi ».

    Le secrétaire d’État au Pétrole et ancien patron de la NNPC, Emmanuel Ibe Kachikwu, a qualifié l’attaque de « malheureuse ».

    La production de pétrole du Nigeria est concentrée dans le delta du Niger (sud) depuis sa découverte en quantités commerciales en 1956. Mais les attaques et sabotages répétés de rebelles locaux revendiquant un meilleur partage des ressources ont poussé le gouvernement à prospecter ailleurs.

    Des explorations ont été lancées sur un territoire allant de l’État de Benue (centre) au nord-est où sévit Boko Haram. Le groupe mène une insurrection sanglante depuis 2009, qui a fait au moins 20.000 morts et plus de 2,6 millions de réfugiés et déplacés.

    En recul après la reconquête par l’armée de territoires dont il s’était emparé dans le Nord-Est, le groupe s’est lancé dans des opérations plus sporadiques. Des milliers de femmes et de filles ont été enlevées pour être mariées de force ou commettre des attentats-suicides tandis que les hommes et les garçons ont été forcés à se battre.

    Selon la source impliquée dans les suites de l’attaque du 25 juillet, « Il est clair qu’il ne s’agissait pas d’un enlèvement. Ils ont attaqué pour tuer ».

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