Mort de Floyd: l’Iran appelle les Etats-Unis à « arrêter les violences » contre leur peuple

Abbas Moussavi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

L’Iran a appelé lundi les Etats-Unis à « arrêter les violences » contre leur peuple après la mort de George Floyd, un Afro-Américain, lors d’une violente arrestation par la police, qui a déclenché des manifestations de colère dans plusieurs villes américaines.

« Au peuple américain: le monde a entendu votre cri sur l’état d’oppression. Le monde est à vos côtés », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iranien Abbas Moussavi lors d’une conférence de presse à Téhéran.

« Aux fonctionnaires et à la police américains: arrêtez la violence contre votre peuple et laissez-le respirer », a-t-il déclaré en anglais, en écho au slogan repris dans les manifestations américaines « Je ne peux pas respirer ».

Dans une vidéo devenue virale on voit un policier maintenir pendant de longues minutes son genou sur le cou de George Floyd, qui dit ne pouvoir respirer.

La colère qui a explosé à Minneapolis (Minnesota) après le décès lundi dernier de George Floyd s’est rapidement propagée à tout le pays, où des manifestations contre les violences policières ont rassemblé plusieurs milliers de citoyens.

 

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La situation a dégénéré en émeutes à plusieurs endroits, forçant les autorités de plusieurs villes à imposer des couvre-feux et à faire appel à la Garde nationale.

« Nous regrettons profondément de voir le peuple américain, qui cherche pacifiquement le respect et non la violence, être réprimé sans discernement », a ajouté Moussavi, accusant les Etats-Unis de « pratiquer la violence et l’intimidation à l’intérieur du pays et à l’étranger ».

Large couverture médiatique

Les manifestations américaines ont fait l’objet d’une large couverture dans les médias iraniens, en particulier par la télévision d’Etat.

Les relations entre l’Iran et les Etats-Unis, ennemis jurés, se sont détériorées depuis que Donald Trump a dénoncé en 2018 l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran.

L’Iran a été condamné par les Etats-Unis après les troubles de novembre 2019 qui ont suivi l’annonce d’une hausse du prix de l’essence, Washington affirmant que plus de 1.000 personnes pourraient avoir été tuées dans la répression de la contestation en Iran.

L’organisation de défense des droits humains Amnesty International a indiqué que 304 personnes avaient été tuées, dont 12 enfants.

 

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L’Iran n’a pas annoncé de bilan officiel et n’a reconnu la mort que d’une poignée de personnes, notamment parmi les forces de sécurité, les autorités qualifiant de « mensonges absolus » les bilans fournis par des « groupes hostiles ».

En décembre, un rapport d’un groupe d’experts indépendants travaillant pour le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme estimait que le bilan pourrait être supérieur à 400 morts (dont 12 enfants).

Cité dimanche par l’agence de presse Isna, le ministre iranien de l’Intérieur, Abdolréza Rahmani Fazli, a suggéré que les troubles pourraient avoir fait 225 morts.

Rahmani Fazli a aussi laissé entendre que 20% des victimes ont été tuées par des « émeutiers », selon la terminologie employée alors par les autorités.