Meurtre de Khashoggi: pour Washington, Ryad peut faire davantage

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L’Arabie saoudite devrait faire davantage pour que les responsables du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi rendent des comptes, a déclaré ce mercredi un émissaire américain, tout en s’abstenant de pointer du doigt le prince héritier saoudien après qu’une enquête de l’ONU l’a lié à l’assassinat.

Brian Hook, l’envoyé américain pour l’Iran, était interrogé par le Congrès à propos du soutien de Washington au grand rival de Téhéran, l’Arabie saoudite. Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo «a clairement fait comprendre que nous étions déterminés à faire en sorte que chaque personne responsable rende des comptes», a déclaré Brian Hook.

«Le procureur saoudien a fait des pas importants pour faire rendre des comptes après le meurtre tragique de Jamal Khashoggi mais il faut faire davantage», a-t-il ajouté. Brian Hook n’a pas répondu de manière directe à une question du représentant démocrate Ted Lieu, qui demandait si l’administration Trump partageait l’avis de la CIA selon qui le prince héritier Mohammed ben Salmane a commandité le meurtre.

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La rapporteure spéciale des Nations unies, Agnès Callamard, a réclamé ce mercredi une enquête internationale sur la responsabilité de «MBS» dans le meurtre de Jamal Khashoggi, assassiné et démembré l’an dernier dans l’enceinte du consulat saoudien à Istanbul. Elle affirme avoir des «éléments de preuves crédibles, justifiant une enquête supplémentaire sur la responsabilité individuelle de hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince héritier».

Plusieurs élus américains ont décrit l’assassinat comme un tournant dans les relations avec l’Arabie saoudite, en dénonçant le maintien par l’administration Trump de ses liens étroits avec le riche royaume pétrolier et le prince. Récemment, l’administration a approuvé des ventes d’armes d’une valeur de 8,1 milliards de dollars à l’Arabie saoudite et d’autres alliés arabes, invoquant la «menace» iranienne pour s’affranchir du processus requis afin d’obtenir le feu vert du Congrès.