Le Liban ne poursuivra pas Carlos Ghosn pour un voyage en Israël

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Le procureur général du Liban a décidé mardi de ne pas poursuivre l’ancien magnat de l’automobile Carlos Ghosn pour s’être rendu en Israël en 2008 alors qu’il était PDG de Renault-Nissan, les faits étant prescrits, a indiqué à l’AFP une source judiciaire.

Trois avocats libanais avaient soumis début janvier un rapport à la justice, demandant à ce que Carlos Ghosn soit poursuivi pour un voyage en Israël, pays voisin avec lequel le Liban est techniquement toujours en état de guerre.

Beyrouth interdit à ses ressortissants de se rendre dans l’Etat hébreu.

« Le procureur général, Ghassan Oueidat, a décidé (…) de ne pas poursuivre Ghosn pour les délits qui lui sont attribués, à savoir d’être entré dans un pays ennemi et avoir fait des affaires avec celui-ci », a indiqué une source judiciaire à l’AFP, précisant que cette décision avait été prise car « le délai de prescription de 10 ans avait été dépassé ».

M. Ghosn, qui dispose des nationalités française, libanaise et brésilienne, s’était rendu en Israël en 2008, dans le cadre d’un partenariat pour le lancement d’une voiture électrique.

 

 

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Arrêté en novembre 2018 au Japon, où il est accusé de malversations financières, le grand patron était en liberté sous caution — après avoir passé 130 jours en détention –, avec interdiction de quitter le pays, quand il a été exfiltré de l’archipel vers le Liban.

En janvier, Beyrouth avait réclamé le transfert du dossier en vue d’un procès au Liban, opposant ainsi une fin de non-recevoir à son extradition réclamée par Tokyo.

Au cours d’une conférence de presse le 8 janvier, sa première apparition publique après son arrivée à Beyrouth, M. Ghosn avait clamé son innocence.

Il s’était aussi excusé auprès du peuple libanais, affirmant qu’il s’était rendu en Israël seulement pour un voyage d’affaires effectué avec son passeport français.