La première sonde israélienne, Bereshit, s’écrase en tentant de se poser sur la Lune

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Lancée le 22 février depuis la base américaine de Cap Canaveral en Floride, elle a été victime d’une panne de son moteur survenue à la dernière minute.

Ce devait être une fierté nationale. La première sonde israélienne à destination de la Lune s’est écrasée lors de son alunissage, en raison d’une panne de son moteur survenue à la dernière minute, a déclaré jeudi soir le centre de contrôle de la mission. Durant le direct, on pouvait entendre des membres de l’équipe expliquer que des moteurs censés ralentir la descente de la sonde et permettre un alunissage en douceur étaient tombés en panne et que le contact avait été perdu.

«Nous n’y sommes pas arrivés, mais nous avons bel et bien essayé», a déclaré en direct depuis le centre de contrôle, près de Tel Aviv, l’homme d’affaires et philanthrope Morris Kahn. Il avait contribué à hauteur de 40 millions de dollars au budget de la mission, d’un montant total de 100 millions de dollars. «Je pense que c’est vraiment énorme d’être allés jusqu’où nous sommes allés, je pense que nous pouvons être fiers», a-t-il ajouté. «Si vous ne réussissez pas la première fois, vous réessayez», a déclaré le premier ministre Benyamin Nétanyahou depuis la salle de contrôle, où il assistait à la tentative d’alunissage en compagnie de l’ambassadeur américain en Israël David Friedman.

Baptisée Bereshit (Genèse, en hébreu), il s’agissait de la première sonde développée par une organisation privée, SpaceIL, qui a travaillé en partenariat avec la société aérospatiale Israeli Aerospace Industries (IAI), une des plus grandes entreprises de défense israéliennes. Si l’alunissage de cette immense araignée à cinq pattes de 585 kilos s’était couronné par un succès, Israël aurait été le quatrième pays à réussir un tel exercice, après les États-Unis, la Russie et la Chine.

Vers un programme spatial israélien?

L’engin avait été lancé le 22 février depuis la base américaine de Cap Canaveral en Floride, via une fusée Falcon 9 de la firme américaine SpaceX, fondée par l’entrepreneur Elon Musk. Il devait se poser sur la lune après avoir parcouru quelque 6,5 millions de kilomètres, à une vitesse maximale de 10 kilomètres par seconde (36.000 km/h), selon les partenaires du projet, et y déposer un magnétomètre destiné à mesurer l’intensité d’un champ magnétique.

Début mars, Bereshit avait transmis un selfie historique d’elle en compagnie de la Terre à 40.000 km. Au premier plan du cliché, une petite plaque affichait le drapeau israélien accompagné slogan patriotique «Am Yisrael chai» en alphabet hébraïque («le peuple d’Israël vit») et une maxime en anglais, «Small country, big dreams» («Un petit pays, de grands rêves»). Juste avant la tentative d’alunissage, Benyamin Nétanyahou a indiqué qu’il réfléchissait à lancer un programme spatial national. «Je réfléchis sérieusement à investir dans un programme spatial», a-t-il dit. «Cela a des implications nationales pour Israël et des implications pour l’humanité».