Explosions à Beyrouth: enquête ouverte en France, Macron au Liban jeudi

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(Photo by JOSEPH EID / AFP)

Une enquête à été ouverte mercredi en France par le parquet de Paris pour « blessures involontaires », après les explosions qui ont ravagé Beyrouth, où le président français Emmanuel Macron est attendu jeudi.

« Un premier décompte permet d’identifier 21 personnes de nationalité française blessées dans l’explosion », a indiqué le parquet de Paris dans un communiqué.

« Au titre de sa compétence en matière de faits commis à l’étranger, le pôle accidents collectifs du parquet de Paris diligente ce jour une enquête des chefs de blessures involontaires », poursuit l’institution.

Jeudi, Emmanuel Macron doit se rendre à Beyrouth où il rencontrera son homologue libanais Michel Aoun et le Premier ministre Hassan Diab, au moment où la France a affiché sa solidarité et envoyé des personnels et du matériel pour venir en aide aux autorités libanaises, a précisé la présidence française.

« Je me rendrai demain à Beyrouth à la rencontre du peuple libanais pour lui porter le message de fraternité et de solidarité des Français. Nous ferons le point sur la situation avec les autorités politiques », a tweeté le chef de l’Etat.

Mercredi après-midi, le Premier ministre français Jean Castex réunissait les principaux ministres concernés pour « coordonner l’ensemble des secours et aides que nous allons dépêcher sur place ».

Un premier avion s’est envolé à la mi-journée de Marseille (sud-est) avec du matériel d’urgence ainsi qu’une équipe médicale de neuf personnes (quatre médecins urgentistes, trois infirmiers et deux marins-pompiers) pour le Liban, a indiqué le service de communication des marins-pompiers.

Ils ont embarqué à bord d’un avion privé mis à disposition par le PDG de la CMA-CGM, un des leaders mondiaux du transport maritime, a-t-on précisé. Ce dernier, Rodolphe Saadé, est d’origine libanaise.

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Deux autres appareils chargés de matériel, et d’intervenants médicaux doivent décoller de Roissy, près de Paris, d’ici la fin de journée.

« C’est dans les épreuves que les amis sont là et nous sommes là », a souligné le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, après avoir parlé au téléphone avec son homologue libanais Charbel Wehbé.

La France va par ailleurs prendre des « initiatives dans les jours qui viennent » afin de mobiliser l’aide internationale nécessaire, notamment au niveau européen, pour l’assistance immédiate au Liban, a ajouté M. Le Drian, sans plus de précisions.

Le ministre, qui avait vivement critiqué en juillet lors d’un déplacement à Beyrouth l’absence de réformes pour sortir le pays de la crise économique et sociale, a souligné que l’heure était d’abord à l’aide humanitaire. « Ensuite viendra le temps de la reconstruction et le temps sans doute des explications », a-t-il dit.

Les deux énormes explosions dans le port de Beyrouth ont fait mardi au moins 113 morts, selon un bilan officiel, des milliers de blessés et des centaines de milliers de sans-abri. Des dizaines de personnes sont portées disparues.

Le gouvernement libanais pointe du doigt une cargaison de nitrate d’ammonium stockée « sans mesures de précaution » dans le port.