États-Unis: le chômage au plus bas depuis décembre 1969

AFP.

Le taux de chômage outre-Atlantique est tombé à 3,5% en septembre. Le déficit commercial a quant à lui augmenté, s’établissant à -54,89 milliards de dollars en août, sous l’effet notamment de la crise entourant le Boeing 737 Max.

Les créations d’emplois aux États-Unis sont restées solides en septembre et le nombre enregistré en août a été révisé en forte hausse, permettant de faire tomber le taux de chômage à 3,5%, son plus bas niveau depuis décembre 1969, a annoncé vendredi l’administration Trump. L’économie américaine a créé 136.000 emplois le mois dernier après 168.000 en août, contre 130.000 initialement estimé. Les analystes s’attendaient à un meilleur score pour le mois de septembre, à 150.000.

Le taux de chômage s’est durablement installé sous la barre des 4%. Et nombre d’Américains, qui n’étaient tout simplement plus dans les statistiques de l’emploi parce que découragés de trouver un travail après la crise financière, sont revenus ces derniers mois sur le marché.

Les taux attendus

Ce rapport de septembre était très attendu car il s’agit du dernier avant la réunion de la Banque centrale américaine des 29 et 30 octobre qui doit décider d’abaisser ou de maintenir les taux d’intérêt.

Ces derniers mois, le président de la Fed Jerome Powell a relevé que le marché de l’emploi et la consommation des ménages étaient les deux points forts de l’économie américaine. Et alors que la guerre commerciale menée par l’administration Trump contre la Chine commence à affecter l’économie américaine, le maintien d’un marché de l’emploi solide permet d’immuniser en partie l’économie américaine contre un retournement de la conjoncture.

À Wall Street, on s’attend à une nouvelle baisse des taux pour la troisième fois cette année alors que la croissance économique a ralenti: +2% au deuxième trimestre après 3,1% au premier trimestre.

D’autant que l’incertitude créée par les tensions commerciales décourage les investisseurs et commence à miner la confiance des consommateurs, moteur traditionnel de la croissance américaine. En outre, l’industrie manufacturière est entrée en récession. Quoique positif, ce rapport solide devrait diviser un peu plus le comité monétaire de la Fed. En septembre, trois membres avaient voté contre la baisse des taux dont deux estimant que cette baisse était injustifiée par le rythme de croissance encore solide.

Déficit commercial en augmentation

Annoncé en même temps par le département du Commerce, le déficit commercial des États-Unis a augmenté plus que prévu en août, mais les importations en provenance de Chine ont encore diminué sous l’effet de la guerre des tarifs douaniers. Les échanges de biens avec la Chine, contre laquelle Donald Trump mène une guerre commerciale depuis un an et demi, se sont fortement réduits et, en août, le déficit a baissé de 2,46%.

Dans un bras de fer commercial inédit, Washington et Pékin se sont infligé des tarifs douaniers réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises, ce qui a pour effet de diminuer les échanges entre les deux premières puissances économiques mondiales. Le solde des échanges des biens et services en août s’est établi à -54,89 milliards de dollars, 1,6% de plus qu’au mois précédent. En août, les exportations ont augmenté de 0,2%, à 207,9 milliards de dollars, mais les importations ont progressé plus vite, à 262,8 milliards (+0,5%), creusant le déficit mensuel. Les analystes s’attendaient à un déficit moindre, à 54,4 milliards.

Les exportations américaines ont pâti de la crise entourant le Boeing 737 MAX, immobilisé depuis mi-mars après deux accidents ayant fait 346 morts. Les exportations d’avions ont ainsi diminué de 1,3 milliard de dollars.