Droits de douane: Trump cible 1300 produits chinois

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L’administration américaine fait pression sur la Chine pour obtenir un accord commercial et menace de taxer à 25% des médicaments mais aussi des produits de grande consommation chinois comme des téléviseurs.

Comme prévu Washington a rendu publique une liste de 1300 catégories de produits chinois susceptibles d’être frappés de droits de douane de 25%. L’espoir du président des États-Unis, Donald Trump, est qu’en précisant sa menace relative à 50 milliards de dollars d’importations chinoises, il incitera Pékin à négocier des changements dans ses pratiques commerciales qui déboucheront sur une réduction de l’énorme déficit que les États-Unis affichent la Chine. «Nous allons nous entendre avec la Chine mais nous devons faire quelque chose de substantiel à propos du déficit commercial. J’ai fait campagne là-dessus», a résumé Donald Trump hier depuis la Maison-Blanche.

Le président américain juge que depuis années les dialogues convenus entre hauts fonctionnaires chinois et américains, censés ouvrir le marché chinois, n’ont en fait guère abouti. Les sanctions ponctuelles appliquées sur des produits particuliers sous George W. Bush et Barack Obama n’ont pas suffi à lever les barrières qui bloquent l’accès au marché chinois. Il en veut pour preuve le déficit commercial avec la Chine de 375 milliards de dollars sur les marchandises affiché par les États-Unis. Pour Donald Trump, la Chine profite de son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, pour inonder les pays occidentaux de productions subventionnées par ses instances publiques dans le cadre d’un système qui n’est pas vraiment celui d’une économie de marché. Les sanctions envisagées sur la liste sont spécifiquement conçues pour compenser les dommages causés aux entreprises américaines, obligées de transférer leur technologie et leur propriété intellectuelle aux partenaires chinois qu’on leur impose.
Médicaments et télévisions
On trouve sur la nouvelle liste des produits à haute-valeur ajoutée, comme des médicaments et des équipements médicaux, mais aussi des biens intermédiaires comme des machines outils, des produits chimiques. Certains produits de grande consommation comme les lave-vaisselle, les télévisions et les pièces détachées automobile en font partie. En revanche le négociateur commercial de Donald Trump a pris soin de ne pas inclure des produits courants comme les chaussures, les vêtements, les meubles et les téléphones portables. Les géants américains de la distribution implorent la Maison-Blanche de ne pas prendre de sanctions qui se traduiront par des hausses de prix pour les consommateurs américains.
La publication de la liste représente un pas supplémentaire vers une confrontation avec Pékin. Elle s’ajoute à d’autres mesures unilatérales déjà annoncées le mois dernier, frappant de droits de douane de 25% les modestes importations d’acier et d’aluminium chinois. La crainte des milieux d’affaires et des marchés boursiers est que ces sanctions et menaces débouchent sur des mesures de rétorsions chinoises qui pénalisent les firmes et agriculteurs américains, sans aboutir à changer les pratiques chinoises.
Poursuite des négociations
Pour le moment Pékin dénonce vivement la nouvelle approche plus agressive des États-Unis, mais prend soin de ne présenter que des mesures de rétorsions calibrées pour éviter une escalade. La publication de la liste n’est qu’une étape dans un processus qui peut très bien ne jamais déboucher sur l’imposition de droits de douane. L’objectif de l’administration Trump est surtout de négocier un accord et elle pense que ces nouvelles annonces vont l’y aider. Les importateurs américains ont jusqu’au 22 mai pour faire connaître leurs objections publiquement à cette liste. Des auditions publiques sont prévues à cet effet à Washington le 15 mai. Ensuite le président Trump disposera d’au moins 180 jours pour imposer ou non ces droits de douane: tout dépendra des progrès des négociations avec Pékin.
Un dialogue s’est déjà engagé entre Liu He, le principal conseiller économique du président chinois d’une part, et le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, et le négociateur commercial du Président, Robert Lighthizer, d’autre part. Des progrès semblent possibles sur au moins deux points particuliers: une réduction des droits de douane chinois sur les automobiles américaines et l’ouverture du secteur financier chinois à des firmes contrôlées par sociétés américaines, jusqu’alors obligées de rester minoritaires dans le cadre d’une co-entreprise avec un partenaire chinois.