De nouvelles accusations visent Tariq Ramadan

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Quatre femmes assurent dans La Tribune de Genève avoir été harcelées et même avoir eu des relations sexuelles avec l’islamologue, déjà visé par deux récentes plaintes pour viol, alors qu’elles étaient adolescentes.

Les faits remontent aux années 1980 et 1990. À l’époque, le théologien Tariq Ramadan n’était pas encore un personnage médiatique, il enseignait dans sa ville natale de Genève, au Cycle des Coudriers puis au Collège de Saussure. La Tribune de Genève a recueilli le témoignage de quatre femmes qui assurent avoir été harcelées et même avoir eu des relations sexuelles avec lui, sous son emprise. Ses accusations s’ajoutent à deux récentes plaintes pour viol. Une enquête préliminaire a été ouverte la semaine dernière à Paris pour «viol, agression sexuelle, violences et menaces de mort». Tariq Ramadan, 55 ans, fait également l’objet d’une deuxième plainte, dans laquelle sont dénoncés des faits similaires.

Les quatre femmes qui ont accepté de témoigner sous couvert d’anonymat pour le quotidien suisse sont toutes d’anciennes élèves, alors âgées de 14 à 18 ans. La plus jeune explique qu’elle a refusé les avances de Tariq Ramadan et s’être ensuite attiré les foudres de son professeur. «Avant d’être ce leader musulman, il était un homme tordu, intimidant, qui usait de stratagèmes relationnels pervers et abusait de la confiance de ses élèves», abonde une autre. Cette dernière affirme avoir des «relations intimes» à trois reprises avec lui. Alors âgée de 15 ans, elle n’avait pas la majorité sexuelle, qui est fixée à 16 ans en Suisse.

Une troisième raconte avoir été abusée et violentée par Tariq Ramadan alors qu’elle avait 18 ans : «Cela s’est passé trois fois, notamment dans sa voiture. C’était consenti, mais très violent. J’ai eu des bleus sur tout le corps. Il m’a toujours fait croire que je l’avais cherché. L’histoire s’est sue et il m’a menacée, en exigeant le silence de ma part.» La dernière, qui n’évoque ni menace ni violence, détaille une «relation malsaine». «J’étais fascinée, sous son contrôle. Il me prenait, me jetait, instaurait une relation de dépendance», explique-t-elle. Les faits sont aujourd’hui prescrits.

Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur de la confrérie égyptienne islamiste des Frères musulmans, bénéficie d’une forte popularité dans les milieux musulmans conservateurs. Brillant orateur, le professeur d’Études islamiques contemporaines à Oxford est toutefois accusé par ses détracteurs de tenir un double discours, modéré sur les plateaux télévisés où il excelle, et radical devant des publics plus restreints et acquis à ses propos. Dans une première réaction, le week-end dernier sur Facebook, l’islamologue controversé avait affirmé qu’il était victime d’une «campagne de calomnie», enclenchée par ses «ennemis de toujours».