Crise libyenne: Alger reçoit Sarraj et le chef de la diplomatie turque

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AFP.

Le chef du gouvernement d’union nationale libyen (GNA, reconnu par l’ONU), Fayez al-Sarraj, est arrivé lundi à Alger pour une visite consacrée à « l’aggravation » de la crise en Libye, a-t-on appris de source officielle algérienne.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, est par ailleurs attendu lundi dans la capitale algérienne pour une visite officielle de deux jours, selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.

M. Sarraj, qui conduit une délégation de « haut niveau », doit s’entretenir avec le nouveau chef de l’Etat algérien, Abdelmadjid Tebboune, de « l’aggravation de la situation en Libye » et des « voies susceptibles de surpasser cette conjoncture difficile » , a précisé la présidence, dans un communiqué cité par l’agence officielle APS.

Selon la télévision nationale, les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur du GNA, Mohamad Tahar Siala et Fathi Bachagha, ont été accueillis en matinée à Alger par leurs homologues algériens Sabri Boukadoum et Kamal Beldjoud.

 

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Ces visites interviennent quelques jours après le vote en urgence du Parlement turc d’une motion permettant au président turc Recep Tayyip Erdogan d’envoyer des militaires en Libye.

Jeudi, le chef de la diplomatie algérienne avait annoncé « plusieurs initiatives en faveur d’une solution pacifique à la crise libyenne ».

M. Boukadoum avait réaffirmé le rejet par l’Algérie de la présence de toute force étrangère en Libye, en prônant « une solution exclusivement inter-libyenne » à la crise.

Fin décembre, quelques jours après son entrée en fonction, M. Tebboune avait réuni le Haut conseil de sécurité (HCS), qui regroupe les plus hautes autorités civiles et militaires d’Algérie, pour évoquer la situation à ses frontières, notamment celle avec la Libye, et prendre des « mesures » pour leur protection.

L’Algérie partage près de 1.000 km de frontière avec la Libye et près de 1.400 km avec le Mali.

Basé à Tripoli, le GNA fait face depuis début avril à une offensive sur la capitale libyenne du maréchal Khalifa Haftar, soutenu notamment par l’Arabie saoudite, l’Egypte et les Emirats arabes unis. Ces trois pays sont des rivaux régionaux de la Turquie et d’un autre allié du GNA, le Qatar.