Crise du Golfe: une situation « pire que le Mur de Berlin » (responsable qatari)

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Ali bin Smaikh al-Marri. ©AFP

Un responsable qatari a accusé vendredi à Genève l’Arabie saoudite et ses alliés d’imposer « un siège » à son pays avec leurs sanctions, qui auraient selon lui un effet plus dévastateur que le Mur de Berlin.

Ali bin Smaikh al-Marri, président du Comité national des droits de l’homme du Qatar (NHRC), a déclaré que la décision de plusieurs pays de couper toute relation avec le Qatar avait conduit à la séparation des familles et au piétinement de tous les droits des citoyens d’une région toute entière.

« Ce siège et ces mesures ont conduit à ce qui est appelé une punition collective », a déclaré al-Marri à la presse, demandant à la communauté internationale – notamment l’ONU et son Haut-commissaire des droits de l’homme – d’intervenir.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn et l’Egypte ont annoncé début juin la suspension de toute relation avec le Qatar en raison de son soutien allégué aux groupes extrémistes et à sa proximité politique avec l’Iran chiite. Le Qatar a rejeté ces allégations.

Parmi les mesures annoncées, les quatre pays ont donné 14 jours aux citoyens qataris pour quitter le territoire et ont rappelé leurs propres ressortissants vivant au Qatar.

Ces mesures sont des « violations grossières des droits humains », a déclaré al-Marri, soulignant que quasiment chaque famille qatarie avait au moins un membre vivant dans un autre pays de la région.

Ces mesures sont « pires que le Mur de Berlin qui a séparé les familles », a déclaré al-Marri.

Selon lui, son comité a reçu à ce jour quelque 1.064 plaintes pour violation des droits de l’homme, émanant tant de Qataris que de citoyens venant d’autres pays concernés.

Dans un cas, une femme qatarie a été obligée de quitter les Emirats où elle vivait avec son mari et son enfant. Lorsqu’elle est arrivée à l’aéroport avec son bébé, on lui a dit qu’elle ne pouvait pas emmener son enfant avec elle car il avait la nationalité émiratie.

Selon Al-Marri des milliers d’étudiants à l’étranger étaient affectés.

 

Avec AFP