Crise du Golfe: l’émir du Qatar invité à un sommet en Arabie saoudite

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L’Arabie saoudite a invité l’émir du Qatar, avec lequel elle est en froid, à un sommet régional organisé dans le royaume qui tente de résoudre la crise diplomatique qui a mis Doha au ban du Golfe pendant plus de trois ans.

En juin 2017, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu’ils accusent de soutenir les mouvements islamistes et de semer la zizanie dans la région via ses médias, dont Al-Jazeera. Doha a toujours nié ces accusations.

Une « invitation officielle » du roi Salmane d’Arabie saoudite a été adressée mercredi au cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, l’émir du Qatar, pour assister au 41e Sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui se tiendra dans le royaume le 5 janvier 2021, a annoncé l’organisation régionale dans un communiqué.

Le chef de l’Etat qatari avait décliné l’invitation l’année dernière et envoyé son Premier ministre à sa place. Sa présence lors du prochain sommet n’a pas encore été confirmée.

Outre l’Arabie saoudite et le Qatar, le CCG comprend les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Koweït et Oman. Ces deux derniers ont maintenu de bonnes relations avec Doha et ont fait office de médiateurs pour résoudre la crise.

 

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Ryad a récemment fait état de négociations en cours pour mettre un terme à la discorde qui divise le Golfe. Les Emirats et Bahreïn ont ces derniers jours exprimé leur espoir de parvenir à un apaisement.

Mercredi, le gouvernement saoudien a dit espérer « le succès du sommet afin de renforcer l’action commune et la coopération entre les pays membres », a rapporté l’agence de presse officielle SPA.

Le dégel potentiel dans le Golfe intervient avant l’investiture, le 20 janvier, du président américain élu Joe Biden, qui a tenu des propos sévères à l’encontre de l’Arabie saoudite.

En début de semaine, le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, et le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo ont discuté de la crise par téléphone.

« Nous pensons que la résolution du conflit est dans l’intérêt de toutes les parties dans la région, ainsi que dans l’intérêt des Etats-Unis », a déclaré un fonctionnaire du département d’Etat américain.