Au Brésil, des mineurs illégaux échangent l’or contre le vaccin anti-covid

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Une association autochtone représentant le peuple Yanomami au Brésil a dénoncé la vente présumée de doses du vaccin contre le coronavirus destinées aux peuples autochtones pour les « garimpeiros » (mineurs artisanaux), en échange d’or.

Dans un communiqué, l’Association Hutukara Yanomami a souligné que, depuis le début de la vaccination dans le pays, « des rapports d’irrégularités se sont accumulés, menaçant la vaccination de la population autochtone », qui fait partie des groupes prioritaires dans le processus de vaccination nationale démarré mi-janvier dernier.

« Selon les leaders autochtones, des doses de vaccin sont vendues aux garimpeiros en échange d’or. Les envahisseurs sont également accusés de répandre de fausses nouvelles sur la vaccination », a ajouté la même source.

Dans une lettre adressée aux autorités brésiliennes, le vice-président de l’association, Dario Kopenawa, a indiqué qu’il y avait eu des cas d’échange de vaccins contre de l’or à divers endroits des terres Yanomami, situées dans les États amazoniens de Roraima et Amazonas, évoquant également « le détournement de ressources, de médicaments, d’essence, d’énergie et d’autres équipements de soins de santé autochtones ».

« Il est très courant d’échanger des matériaux contre de l’or, comme des médicaments, et malheureusement, parfois, les professionnels se laissent emporter », a ajouté Kopenawa.

La Terre Yanomami est la plus grande réserve indigène du Brésil et abrite plus de 26.000 aborigènes, dont, selon l’association, 12.253 sont éligibles pour recevoir le vaccin contre le covid-19, une maladie qui a déjà causé la mort de près de 360.000 personnes à travers le pays.

Les dirigeants autochtones accusent également les mineurs illégaux de répandre de fausses nouvelles sur la vaccination, ce qui a conduit 9 des plus de 300 villages autochtones à rejeter l’application des vaccins.