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    Numéro dépôt légal : ص 2018/22

    Ces migrants mineurs passés par l’Espagne avaient défrayé la chronique en mars dernier dans le quartier de la Goutte d’Or à Barbès en occupant un square pour en faire leur QG. Disparus depuis plusieurs mois de la circulation, ils sont réapparus dernièrement au même endroit, mais cette fois-ci, de jeunes filles les accompagnent.

    Au départ, début mars, ils sont 5 ou six jeunes, tous mineurs, à se donner rendez-vous au square Alain-Bashung dans ce quartier de la Goutte d’Or à Barbès. Très vite, le groupe s’agrandit pour atteindre parfois jusqu’à 25 jeunes âgés de 10 à 17 ans. Tous ont transité par l’Espagne, quelques semaines ou quelques mois. Certains sont totalement analphabètes, d’autres ont été à l’école. Mais tous sont livrés à eux-mêmes et exposés à de graves dangers. Leur quotidien: sniffer de la colle et partager drogues et alcools pour oublier leur condition et vols et larcins pour survivre.

    Défoncés la plupart du temps, ils se battent souvent entre eux, deviennent bruyants et agressifs et sont pointés du doigt par les habitants qui craignent pour leur sécurité. Vols à l’arraché, voitures cassées, portables volés… les plaintes s’accumulent. Les habitants du quartier évitent de se rendre dans le square devenu leur quartier général comme on peut le voir sur cette vidéo tournée par Le Parisien:


    Square Bashung : des mineurs livrés à eux mêmes par leparisien

     

    Devant ce phénomène inédit à Paris, les autorités tentent de réagir mais constatent rapidement leur impuissance. Un accueil de jour leur est proposé par la mairie pour qu’ils puissent se laver, se reposer ou apprendre le français. Mais la plupart refusent de s’y rendre. La nuit, même en plein cœur de l’hiver, ils fuguaient du foyer pour rejoindre le reste du groupe qui dormait dans des voitures ou dans la laverie à proximité du parc, témoigne un travailleur associatif.

    Plusieurs associations comme Hors la Rue et Trajectoires volent à leur secours comme on peut le découvrir dans ce reportage vidéo de nos confrères du Huffington Maroc:

    https://youtu.be/Ly2r7FfZ-Po

     

    De son côté, le consulat marocain à Paris réagit en publiant un communiqué le 25 mars dernier dans lequel les responsables exprimaient leur disposition à faciliter la médiation avec ces jeunes.

    Sur le terrain, l’ATMF, l’Association des Travailleurs Marocains en France dont le siège est mitoyen du square s’investit dans cette mission de sauvetage. Son président Driss El Kherchi est allé à leur rencontre et tenté une médiation avec les autorités mais avouera vite son impuissance comme il le confie sur le site de l’ATMF: «Il est inadmissible, en République française, où la loi stipule que tout mineur isolé non accompagné (donc en danger) doit bénéficier d’une protection, de constater que depuis plusieurs mois, les moyens mis en œuvre pour cette mission de service public sont complètement insatisfaisants».

    Prise en charge
    Et de dénoncer au passage l’inaction des services consulaires marocains: «Nous n’avons pas entendu parler d’une intervention quelconque de l’ambassade du Maroc ou des consulats marocains, rien n’a été proposé par les autorités marocaines ici à Paris à ces mineurs marocains.»

    Grâce aux associations et à la mobilisation des autorités compétentes (police et section des mineurs du parquet de Paris, services sociaux et sanitaires), les gamins les plus jeunes ont pu être pris en charge dans des structures dédiées. Le sort des plus âgés (15-17 ans tout au plus) était, lui, plus incertain. Un travail qui s’avère payant puisqu’au bout de quelques semaines, les mineurs errants disparaissent de l’espace public.

    Plusieurs arrondissements concernés
    Mais voilà que depuis quelques jours, ces mineurs marocains ont refait surface dans la 18e arrondissement mais aussi dans d’autres arrondissements de la capitale, comme le rapporte le journal Le Monde. Plus inquiétant cette fois-ci, la présence parmi eux de jeunes filles. Et le cycle reprend, toujours le même : vols, agressions, violences et… prostitution. Mairie, associations et riverains sont toujours aussi désemparés face à leurs actes de violence plus nombreux et leur état de santé préoccupant.

    Dans une lettre adressée aux habitants le 27 juillet, la mairie du 18e arrondissement fait savoir que ceux qu’elle désigne comme “les gamins perdus de la Goutte d’Or”, ont fait leur réapparition square Alain-Bashung, mais aussi dans le 10e et le 19e. Beaucoup sont très fragilisés par le manque de nourriture, de sommeil, et de prise de stupéfiants mais aussi les agressions comme le rapporte Le Monde dans un récent reportage. Tous portent les stigmates de ces agressions : blessures profondes sur le corps et au visage, brûlures au torse et au cou…
    Des enquêtes sont en cours pour savoir si ces enfants des rues sont passés par des réseaux organisés pour arriver en France. Pour l’instant, les autorités françaises, espagnoles et marocaines ont échoué à retrouver d’éventuels parents.

    Une centaine de mineurs recensés
    «Ce ne sont pas des orphelins», assure de son côté Driss El Kherchi de l’ATMF. «Quand ils appellent leur famille, ils leur mentent en disant que tout va bien, qu’ils ont un toit et qu’ils ne font pas de bêtises, confie-t-il à 20 Minutes. Ils sont originaires du nord du Maroc, Tétouan, Tanger, Al Hoceïma, et disent qu’ils sont partis parce qu’ils veulent avoir un travail.»

    D’après l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), ils étaient une centaine il y a quelques mois à Paris. Un chiffre difficile à vérifier. En attendant, la mairie du 18e annonce qu’un centre de jour doit ouvrir ses portes, qu’un autre lieu pour la nuit est recherché et qu’un dispositif d’éloignement des jeunes filles récemment repérées a été mis en place, en lien avec le parquet. La crainte : qu’elles tombent dans la prostitution.

    En attendant une solution pérenne, la mairie a décidé de ne pas fermer le square, car «le fermer ne ferait que déplacer le problème.»

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