Une pension de retraite de 11 dirhams pour la veuve d’un militaire !

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Une pension de retraite de 11 dirhams !? Oui ça existe au Maroc. Une veuve d’un militaire mère de 9 enfants obtient ce montant-là en guise de pension de retraite qu’elle a héritée de son mari blessé pendant la guerre des sables (1963) avant de prendre une retraite anticipée pour invalidité.

Mère de neuf enfants, dont deux diplômés chômeurs (licencié de l’université Ibn Zohr d’Agadir), S.K n’arrive pas avec sa «pension farce», qui n’excède pas 11 dirhams, à honorer les charges de scolarité de ses enfants ainsi que les frais de son traitement à elle, qui souffre du diabète et de l’asthme.

Abderrahmane, son fils licencié en Histoire de la faculté des lettres de l’université Ibn Zohr, assure, dans une déclaration à Assabah, que «sa mère a été contrainte après plusieurs années de solliciter le Directeur général de la CMR pour la révision de sa pension».

Quelles que soient les justifications légales que l’administration avançait, en ce qui concerne les années de services de mon père au sein des rangs de l’armée marocaine, pour justifier la privation de mon père de la pension minimale, c’est une honte d’octroyer une pension de 11 dirhams pour la veuve d’un soldat qui a combattu les ennemis de la patrie, croit savoir Abderrahmane.

«D’autant plus que mon père a souffert des séquelles de ses blessures pendant les batailles qui l’ont contraint de prendre sa retraite forcée vers la fin de 1979 avant qu’il décède en 2017 », a-t-il poursuivi.

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Selon lui, son père a travaillé en tant que Mokadem pendant 5 ans avant qu’il quitte cette fonction à l’âge de 60 ans sans pour autant bénéficier d’aucune indemnité pour ces années de travail.

«Je ne demande que la révision de la pension de mon mari afin qu’elle soit au même niveau que celles des autres veuves des militaires», revendique la mère.

Il ne s’agit pas d’un cas isolé ou particulier. Plusieurs sources au sein de la Caisse marocaine de retraite (CMR), faut-il le rappeler, assurent que beaucoup de cas pareils traînent depuis des années surtout chez les bénéficiaires du Régime des pensions militaires (RPM) qui souffre d’un déficit chronique. Ce qui impose, de leur point de vue, une révision  de la loi n° 43-95 du 7 août 1996 portant réorganisation de la Caisse marocaine de retraite (CMR).