Cette veuve d’un combattant de Daesh veut rentrer au Maroc

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Photo d'illustration

Après avoir quitté son pays natal pour accompagner son mari, qui a rejoint les rangs de l’Etat islamique en Syrie, une marocaine raconte son calvaire. 

« J’ai perdu tout espoir », « je n’ose même pas me regarder dans un miroir », « sauver mes enfants de l’ignorance et la mort », tels sont les mots d’une marocaine coincée dans le nord de la Syrie.

Cette dernière a choisi le nom de « Hamida » pour raconter son calvaire à Akhbar Al Yaoum, afin de ne pas être démasquée par les forces démocratiques syriennes.

Elle a été forcée de quitter la ville de Tétouan en 2014 pour accompagner son mari à Daech en 2014. Ils s’étaient rendu en Turquie et avaient réussi a passer la frontière syrienne en 2015.

« Contrairement à la majorité des marocains qui ont rejoint les rangs de « l’Etat Islamique », son mari avait une licence en droit et un diplôme en gestion administrative et informatique. Mais il était très conservateur, radical, et influencé par Daech. Il a rendu l’âme il y a un an en champ de bataille », indique Akhbar Al Yaoum.

Et d’ajouter: « Hamida n’était ni radicale, ni intéressée par Daech, elle s’est rendue compte qu’elle a été manipulée par son mari et par l’Emir de Daech mort il y a quelques semaines, Al Baghdadi ».

« A chaque fois quand je disais à mon époux que je suis ne suis pas en sécurité ici, il me disait que les femmes n’ont rien à craindre. Il a fini par mourir et réaliser son souhait. Quant à moi, je suis resté et je resterai coupable et terroriste aux yeux de tous alors que je n’ai rien fait. Il m’a détruit et a détruit mon avenir. Il s’est moqué de moi, j’étais son esclave et il m’a trahi », raconte t-elle au quotidien arabophone.

Akhabar Al Yaoum a fait savoir que Hamida était une simple femme au foyer en Syrie qui « prenait soin de ses enfants », alors que son mari travaillait dans la logistique. Après la chute de Daech, elle été détenue avec ses enfants chez les forces démocratiques syriennes dans le nord du pays où ils sont exposés à tous les danger.

Hamida indique par ailleurs que ses enfants sont atteints de maladies graves et vivent dans de très mauvaises conditions. Elle lance, par le biais du quotidien arabophone, un cri de détresse et espère que les autorités marocaines interviennent pour mettre fin à son cauchemar.

Un dernier espoir ?

Selon les chiffres du Bureau central d’investigations judiciaires, les éléments d’Abdelhak El Khayam ont pu recenser près de 1950 terroristes marocains en Syrie, dont 1060 sont avec Daech. 260 d’entre eux ont été traduits devant la justice et 742 sont décédés, 657 se trouvent toujours en Syrie et 85 en Iraq.

Abdelhak El Khayam avait également déclaré que les éléments du BCIJ ont recensé près de 280 femmes et 391 enfants de Djihadistes. « Ces derniers ne sont pas des terroristes », selon Al Khayam.

«Ces femmes de Djihadistes ont seulement accompagné leurs maris et n’ont pas d’idéologie terroriste», a t-il dit.

Le rapatriement de ces dernières, ainsi que leurs enfants, est en cours de traitement et devraient bénéficier de mesures particulières. Elles pourraient, notamment, profiter d’un programme de réintégration sociale pour faciliter leur réinsertion dans la société.