Interview. El Ghazali: «Nous ne savons pas qui a planifié les attentats du 16 mai»

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Abderrahim El Ghazali, porte-parole de la Coordination commune de défense des détenus islamistes (CCDDI), répond aux questions d’H24info et s’explique sur les raisons qui ont poussé le CCDDI à organiser un sit-in ce mardi 16 mai devant le Parlement.

H24Info: Que représente pour vous le souvenir des attentats du 16 mai?

Le 16 mai représente un souvenir douloureux pour nous. Deux sortes de victimes ont en réalité souffert de ces attentats. D’abord, les victimes qui ont succombé aux attaques, et à qui nous exprimons notre solidarité absolue, étant donné que ce sont nos frères marocains et musulmans. Ensuite viennent les secondes victimes, celles qui ont le plus souffert de ces attentats. Je veux parler des détenus islamistes qui ont été arrêtés par milliers au lendemain des attaques. Donc, le 16 mai représente pour nous un souvenir très triste.

Manifestation en soutien aux détenus salafistes devant le parlement à Rabat le 16 mai 2014, le jour de la 11e commémoration des attentats de Casablanca. FADEL SENNA / AFP PHOTO
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Qu’attendez-vous du sit-in de ce mardi devant le Parlement, sachant que tous les ans vous organisez la même manifestation?

Nous n’arrêterons jamais de protester tant que la vérité n’éclatera pas au grand jour. Il faut que l’Etat rende justice aux victimes, et ouvre une nouvelle enquête pour faire la lumière sur ces événements. Nous attendons également de l’Etat qu’il libère les détenus islamistes qui ont été injustement arrêtés, car jusqu’à ce jour, nous ne savons pas qui a planifié ces attentats.

La justice avait pourtant tranché. Pourquoi continuez-vous à remettre en cause ce procès?

Il y a un certain nombre de déclarations émanant de plusieurs personnalités qui mettent en doute la version officielle. Des personnalités aussi bien sécuritaires, politiques que des acteurs de la société civile. L’une des déclarations les plus remarquables avait émané de l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri, qui a affirmé que les islamistes n’avaient aucun lien avec les attentats. Sans parler des déclarations de l’ancien parlementaire Saïd Chaou ou encore celles d’Abdelilah Benkirane lorsqu’il était dans l’opposition.

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Avez-vous pris contact avec le nouveau gouvernement ?

Nous avons déposé une demande de rencontre auprès du ministre de la Justice. Nous sommes également sur le point de créer un comité qui servira de médiateur entre le gouvernement marocain et le CCDDI.

Est-ce qu’il y a eu des tentatives de médiation de la part des salafistes déjà graciés, à l’instar de Fizazi ou Kettani ?

Non, aucunement. Que ce soit Fizazi, Abou Hafs ou d’autres, ils n’ont aucun lien avec ce dossier et nous n’avons pas essayé de les approcher.