Grippe aviaire: le Maroc renforce les contrôles à ses frontières avec l’Algérie et la Mauritanie

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L’apparition de foyers de grippe aviaire chez nos voisins de l’est fait craindre une réapparition de la maladie sur notre sol. Les autorités marocaines ont d’ailleurs enclenché le niveau «d’alerte maximale».

Le virus influenza aviaire hautement pathogène (IAHP)  a été détecté la semaine dernière en Algérie. Ce premier foyer a été découvert dans une exploitation d’élevage avicole à Ain Fekroune, dans la wilaya d’Oum El Bouagui à l’est du pays, indiquait le 10 février l’agence APS.

50.000 poules pondeuses ont péri «soudainement», expliquait le ministère algérien de l’Agriculture et du développement rural, notant que 2.000 poules ont été abattues au niveau de la même ferme.

«Une grande opération de désinfection a été effectuée et le foyer de la maladie est considéré comme éteint, alors qu’une prospection des élevages des alentours de l’exploitation touchée n’a révélé aucun autre foyer», soulignait le ministère, ordonnant tout de même aux 48 wilayas du pays de continuer les prospections en vue de rechercher d’éventuels symptômes de la maladie.

 

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Vu la proximité géographique, des craintes se sont installées au Maroc. Contacté par H24Info, Chaouki Jirari, directeur général de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) se veut rassurant et affirme que «le Maroc est aujourd’hui indemne de la grippe aviaire hautement pathogène détectée en Algérie».

Le Maroc en « alerte maximale »

«Dès l’annonce de la découverte de la maladie en Algérie, le Maroc a activé son commandement central, dirigé par la gendarmerie», explique notre interlocuteur. Le royaume a enclenché ce qu’on appelle le niveau «alerte maximale», mobilisant aisni le ministère de la Santé, de l’Intérieur et l’ONSSA pour travailler en coordination avec la gendarmerie pour éviter l’apparition de foyers ou en éradiquer, poursuit-il.

Ces actions passent par un renforcement du contrôle au niveau des frontières. «Les frontières avec l’Algérie sont fermées, il n’y a donc pas d’échange et bien qu’il puisse y avoir des infiltrations, elles sont peu nombreuses», affirme le directeur de la FISA. Des mesures sont néanmoins mises en place au niveau de la frontière avec l’Algérie et avec la Mauritanie, «car notre crainte actuelle est que le virus puisse passer par ce pays».

Ainsi, «tous les camions transportant des produits avicoles en provenance d’Algérie ou de Mauritanie sont obligés de passer par une station de lavage et de désinfection, sans exception. Et évidemment, toute une série de documents sont exigés au niveau des postes-frontières», poursuit notre interlocuteur.

 

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«Le risque zéro n’existe pas, mais à la date d’aujourd’hui nous sommes indemnes», affirme Chaouki Jirari.

L’apparition du virus H5N8 dans une dizaine de pays coïncide avec la période de migration des oiseaux du nord vers le Sud. Bien que le taux de mortalité chez les espèces volatiles atteigne souvent les 100%, le virus n’est pas transmissible à l’homme.